‹ L'art dans l'Afrique australeChapitre 47 sur 83 · PEINTURE DE APPLEDORN, PRÉS LADYBRAND (ÉTAT LIBRE D’ORANGE · texte numérisé non relu

PEINTURE DE APPLEDORN, PRÉS LADYBRAND (ÉTAT LIBRE D’ORANGE

UN PEU DE FOLKLORE

parlaient tous la même langue, ils se dirent : « Bâtissons une grande tour qui touche au ciel pour aller y chercher de l’eau ! » De tous temps et sous tous les deux :

Borné dans sa nature, infini dans ses vœux,

L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux

et met toute son intelligence, sa sagesse et sa force à satisfaire son besoin d’idéal.

La question de l’origine de l’homme a aussi préoccupé les nègres, pas de manière à les troubler par trop peut-être, mais enfin ils y ont pensé, ce qui est quelque chose.

Certains Hottentots (1) prétendent que leurs ancêtres étaient arrivés en Afrique dans un grand panier : il y a là peut-être un souvenir déformé de l’arche de Noé.

Une tradition généralement reçue chez les Bassouto et autres indigènes, c’est que le premier homme surgit autrefois d’un lieu marécageux où croissaient des roseaux. D’autres disent qu’il est plutôt sorti d’une caverne.

Les Barotsi (2), qui ont quelques vagues idées religieuses, croient à un Dieu unique, qu’ils nomment « Nyambé », qui demeure dans le soleil et est marié avec la lune! C’est lui qui a créé l’homme; c’est lui aussi qu’on invoque au temps des semailles, de la sécheresse et de la maladie.

(1) Les Bassoulos, par E. Casalis. 1SG0.

(2) Les Ma-Rotsé, par E. Béguin. 1903.

l'afrique alstrale

l’art dans l’afrique australe

Chez les Pahouins du Congo on peut retrouver des croyances analogues. Mais les uns et les autres croient plus ou moins aux osselets divinatoires et usent de pratiques superstitieuses, parfois cruelles, d’autres fois simplement saugrenues.

Enfin beaucoup de noirs, comme du reste pas mal de blancs, vivent sans se demander ce qu’ils sont et où ils vont, sans plus penser au passé que se soucier de l’avenir.

Cependant on peut ajouter qu’il y a chez les Bassouto une croyance plus ou moins nette en la vie éternelle, car les morts sont, chez les païens, enterrés assis, ayant près d’eux un peu de grains et de combustible pour le grand réveil.

Il y a là une tradition qu’on retrouve ailleurs, mais il est intéressant de la rencontrer chez des populations qui n’ont jamais été ni idolâtres ni même fétichistes, attachées seulement aux médimo , c’est-à-dire aux esprits des ancêtres et à leur pouvoir supposé.

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