ISSACHAR
quitte à obtenir peut-être ce qu’une femme me donna pour réponse : « Regarde dans le registre de l’église et tu verras ! »
Ce n’est pas nous qui poussons les indigènes à prendre des noms bibliques ou des noms retentissants, comme ceux de Napoléon Sepagela, Pénélope Letsié ou Elisha Raphaël; mais cela est quelquefois nécessaire, par exemple quand un néophyte répond au nom de Ntja (chien), ou de Hlohiloe (qui est détestée), ou Ntloheleng (laissez-moi tranquille), ou même aussi Ntsehiseng (faites-moi rire), ou à d’autres tout aussi aimables.
NOMS, PRÉNOMS, SURNOMS
Mais, en général, il n’est pas du tout nécessaire, pour être membres de l’Église, de s’appeler Petrose, Absalome ou Madelena; ni même Candace, Olympe, Abiathar ou Abed-Nego... Les noms indigènes font l’affaire aussi bien que ceux venant de nos langues mortes.
Parfois, dans leur désir d’avoir des noms bibliques, certains de nos membres d’Église, pour en avoir de nouveaux, vont un peu loin, comme celui qui voulait que je baptise sa fille du nom peu recherché de Jésabel; sans parler de Cornélia, une brave femme de notre voisinage, dont le mari répond, et pas toujours très aimablement, au triste nom de Tibère.
A ce propos, je me souviens d’un chef de famille chrétien qui avait nommé son fils aîné Matthieu, d’après l’évangéliste, le second fut Marc, puis arrivèrent Luc et Jean ; enfin, lorsque le cinquième aborda, on lui octroya bravement le nom de Diketso!..
(Actes des Apôtres).
Les Bassouto commencent à prendre des noms de famille, ce sont ceux de leurs grandspères qu’ils ajoutent à leurs noms, ce que, naturellement, nous encourageons de notre
mieux; aussi avons-nous : M. Zakea Bathobakae (où sont les hommes), Mme Sofia Radinku (le père des moutons), M. Bethuch
JAKOBO KRACHANE LEDIMO
l’afriq.ue australe
l’art dans l’atrique australe
SeJiokotoane (la petite chose brillante), M. Fiîipi Khomoeaka (mon bœuf), puis mon vieux et brave ami Jakobo Lêdimo (cannibale), etc.
Ne nous hâtons pas trop de blâmer la coutume généralement adoptée par nos néophytes de changer de nom lors de la réception dans l’Église par le baptême. Cette coutume est un peu l’image d’une vie nouvelle, et une sorte d’appropriation de ce ce nouveau nom » dont il est parlé dans le livre de l’Apocalypse (II, 17). O11 nous parlait un jour d’un vieux renégat qui, entendant inopinément son nom d’Esdras, avait été par ce seul fait comme rappelé à lui-même et réveillé dans sa conscience.
Parfois il peut nous être bon, ainsi qu’Alexandre le Grand le dit à un de ses soldats portant le même nom que lui, de nous souvenir du nom que nous portons!