LE ROCHER DES SINGES ET LE FLEUVE ORANGE, PRÈS ALIWAL NORTH
modeste petite capitale de l’État libre d’Orange, alors peu connue dans l’histoire, tranquille sous ses eucalyptus et dans sa poussière, ignorante du chemin de fer et des mines d’or de son voisinage qu’elle connaît trop bien aujourd’hui. Nous avions à visiter le dentiste et à faire divers approvisionnements.
Nous allâmes aussi à Aliwal-North, au nord de la colonie du Cap, voir l’excellent Dr C. Daumas, le fils d’un pionnier de la mission du Lessouto ; et plusieurs fois à Smithfield, dans l’État libre d’Orange, pour visiter la petite église indigène, fondée et soutenue par le Dr Lautré.
Nos enfants aimaient ce wagon d’amour extrême, rien ne leur faisait autant de plaisir que quand on parlait de l’atteler; il était pour eux la quintessence de ce qu’il y avait de meilleur au sud de l’Afrique; et, à la station, lorsque la lourde machine n’avait pu être mise à l’abri, elle était leur perchoir préféré.
Devenus grands, il était pour eux, comme pour les enfants
ADIEUX A MON WAGON
indigènes, ce qu’ils cherchaient à reproduire le plus souvent et qui formait leur jouet idéal.
Nous, parents, étions beaucoup moins entichés de cet hôtel ambulant; nos premières expériences de voyage avaient absolument manqué de charmes : un mois et plus dans un véhicule plein de caisses, l’ignorance de la langue de nos conducteurs et un jeune homme de six mois, pas très bien portant, nous avaient fait très peu apprécier ce genre de locomotion.
Combien les roulottes coquettes aperçues dans le temps, lors de fêtes foraines en France, sont luxueuses avec leurs rideaux aux fenêtres, leurs jolis meubles, et la cage où un serin gazouille de son mieux, à côté de nos grosses guimbardes sudafricaines! Il est vrai qu’avec les rudes routes du Lessouto, les roulottes coquettes seraient vite en capilotade avec leurs meubles et leurs canaris.
Notre wagon nous laisse, somme toute, des souvenirs pré-