‹ L'art dans l'Afrique australe; impressions et souvenirs de missionChapitre 15 sur 105 · PREFACE XXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXI

mais ils étaient l'expression d'une civilisation puissante et ils portaient en eux le germe de l'écriture cunéiforme.

Il en est de l'écriture comme de la langue. Au bout de cinquante ans, la langue des sauvages de certaines îles de l'Océanie est méconnaissable et ne se comprend plus. Cette écriture, si c'en est une, ne serait plus intelligible pour les descendants de ceux qui l'ont tracée il y a cent ans peut-être.

Mais, au point de vue de l'histoire de l'esprit humain, il est intéressant de recueillir ces restes d'une civilisation dont le passé préhistorique est encore tout près de nous, et il faut être reconnaissant à ceux qui les ont recueillis, avant que la civilisation, qui est la grande niveleuse du passé, n'en fasse disparaître les derniers vestiges, et ne referme ce nouveau chapitre, à peine entr'ouvert, de l'Archéologie préhistorique.

Philippe Berger

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Il n'y a pas de différence entre les inventions des Boschimans ou des Hottentots et celles des premiers Hellènes.

(E. Pottier, Les Statuettes de terre cuite dans l'antiquité.)

Hermon, pays des Bassouto.

L y a déjà bien longtemps qu'un de nos enfants vint un jour nous dire :

« Mon camarade Tladi m'a dit un très vilain mot. »

Le mot était si vilain qu'il n'osait pas le répéter, il se décida cependant à nous apprendre que le susdit Tladi l'avait appelé Moroa ! c'est-à-dire Bushman !

Cela était grave sans doute, car ce nom est mal sonnant par ici, mais pour nous, il va sans dire qu'il l'est bien plus dans l'intention que dans l'expression.

Il n'en reste pas moins qu'il est mal vu au sud de l'Afrique, et surtout chez les Bassouto, d'appeler quelqu'un Moroa; cela ne se fait pas entre gens bien élevés.

l'afriq.ue AUSTRALE I

Ïj ART DANS L AFRIQUE AUSTRALE

Quant aux Bushmen — pluriel anglais de Bushman — ils ont disparu presque entièrement de nos régions et l'on n'en

peut plus guère rencontrer que par petits groupes dans certaines parties du nord-ouest de la colonie du Cap et dans les plaines du Kalahari où ils se confondent avec les Ma-Saroua, car les blancs se sont acharnés à les détruire, surtout dans le courant du dix-huitième siècle.

Mais l'on a fort changé à leur égard et l'on est bien près d'admirer ceux auxquels on accordait si généreusement le dernier rang dans l'échelle humaine. Qu'étaient donc ces Bushmen que les Bassouto, Barolongs ou autres indigènes méprisent encore si fort et qui, de toute évidence, n'appartiennent pas à la race nègre? Deux des plus anciens documents pouvant être consultés avec certitude sont, chose un peu étrange, des ouvrages français et datent du dix-huitième siècle.

L'un (1) a pour auteur l'astronome l'abbé L. de La Caille, qui

séjourna deux ans à la ville du Cap et dont une société savante

a voulu récemment fixer le souvenir par une plaque commé-

morative fixée sur une maison à l'entrée de Strand Street.

La Caille, qui ne parle des Buschiesmans que d'une manière

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