AÇADK DE LA CATHEDRALE DE CASEHTA VECCHIA
fut commencée en 1093 par l'évêque Gerardus; les portes de bronze, qui sont encore en place au portail et à une entrée latérale, portent les dates de 1110 et de 1127'.
Troja n'a plus ni ses remparts, ni son évôque; sur la colline abrupte, qui regarde l'acropole de Lucera. isolée comme elle dans la plaine à qui le Catapan a laissé son nom, I" ville forte, la ville épiscopale n'est aujourd'hui qu'un bourg sordide. Mais au milieu des
i. Schli.z, I. p. 182-183.
maisons noirâtres, sur une place lumineuse où débouchent les ruelles, la cathédrale est debout, apparition fantastique et presque terrible. La couleur même de l'édifice est d'une étrangeté unique. La façade est teintée de tous les tons sourds des marbres antiques, tirés des ruines de la ville d'.lïçae, sur l'emplacement de laquelle fut fondée la nouvelle. Troie d'Italie, ou apportés des ruines voisines de Luceria. La masse de la construction est d'un tuf jaunâtre, sur lequel ressortent des incrustations de tuf verdâtre et violâtre. De cette pierre livide, qu'une putréfaction semble avoir envahie, sort un affreux grouillement de monstres, suspendus sous la corniche qui coupe la façade en deux moitiés, et autour d'une grande rose.
Le contraste des sculptures de haut relief, qui surchargent la partie supérieure de la façade, avec la sobriété et la sévérité des arcatures, qui en décorent la partie inférieure et qui continuent sur les façades latérales (Pl. XVI), doit faire soupçonner que les deux étages de la construction ne remontent pas à la même époque '.En effet, la rose de la cathédrale, avec les chapiteaux à crochets de ses colonnettes et le profil de ses moulures, est une évidente imitation de l'architecture du Nord, qui ne peut être antérieure au xiii' siècle. Les monstres ne sont pas plus anciens que la rose autour de laquelle ils se pressent. Pour juger de l'église achevée, vers 112."», par l'évôque Guillaume II, il faut abattre toute la partie supérieure de la façade, avec la corniche saillante-. De même, il faudra faire abstraction du transept, de l'abside et du chœur.
Le transept, bâti en blues plus grands que la nef, appartient à une seconde construction, plus élevée que la cathédrale du ml' siècle; il a éié lui-même agrandi au xvn8 siècle'. L'abside, ii moitié engagée dans une maison moderne, contraste par le relief vigoureux de ses colonnes adossées avec la sveltesse des pilastres extérieurs de la façade et de la nef. Le sanctuaire est couvert d'un système compliqué de voûtes. Les énormes voûtes en berceau, lancées sur la croisée et sur les liras du transept, ne sont probablement pas antérieures au xvu" siècle. Quant au chœur, de plan rectangulaire, il est couvert d'une haute voûte d'ogives.
Il ne subsiste de l'édifice du xue siècle que les trois nefs, jusqu'aux faisceaux de colonnettes élevés ;i la croisée du transept, et que la partie inférieure de la façade principale et des façades latérales, jusqu'au même transept. Ces trois murs sont assez richement décorés pour que leur construction permette de déterminer à quel art se rattachait l'édifice primitif.
Von Quast a très justement remarqué les étroites ressemblances que la cathédrale de
1. Un architecte américain, M. Goodyear, qui a cru découvrir la cathédrale de Troja et en a publié de belles photographies, attribue la rose, avec tout le reste de l'édifice, à un art qu'il appelle « early romanesque-byzantine art » (The Architectural Record, VIII, 1899, p. 290.)
2. Au moment où la corniche toute chargée de monstres a été établie sur la façade, une nouvelle corniche, très simple, a été établie de même le long des façades latérales. On voit nettement, sur la façade latérale du côté du nord, comment celte corniche a fait double emploi avec la corniche primitive, décorée d'oves classiques [Pl. XVI).
3. I.e campanile qui surmonte le bras méridional du transept a été élevé lors de la grande restauration que l'église a subie en 1691 et qui est relatée dans une inscription que l'évêque Antonio di Sangro a fait graver, avec ses armoiries, sur la porte de bronze qui portait déjà le nom de l'évêque Guillaume II.
LES BASILIQUES DU XI" ET DU XII' SIÈCLE 355 Troja présente avec 1rs églises de Pise. Ces ressemblances sont trop exactes pour être fortuiles. L'architecte de l'église «le Troja reproduit non seulement les arcatures et les pilastres de l'église pisane de San Casciano, les médaillons en forme de losanges, creusés clans l'épaisseur du mur, les incrustations polychromes à dessins géométriques, mais encore les pilastres