ZniMERMANN, Obcrit aiienische Plastik, p. 65, fig
t ion d'artiste, ce qu'avait l'ail, un siècle avant lui, l'évêque Bernward, quand il donna le modèle de la porte d'Hildesheim : Barisanus n'a-t-il pas imité, dans la seconde moitié du xn" siècle, des modèles analogues à ceux qu'avait grossièrement copiés le fondeur des portes d'Augsbourg? Mais il est extraordinaire que deux artistes, qui travaillaient l'un à Pise, l'autre à Bénévent, aient imaginé, vers le même temps et chacun de son côté, de copier en bronze des ivoires byzantins et de composer avec leurs petits bas-reliefs toute une suite théologique et historique. Le plus simple serait de supposer que le Pisan Bonannus et le fondeur anonyme de la porte de Bénévent aient eu connaissance d'une série de portes entièrement différentes de celles qui avaient été envoyées de Byzanceà Amalfi. Si originaux que soient, dans leur rudesse rigoureuse, les reliefs de la porte d'Hildesheim, jamais sans doute l'évêque Bernward n'aurait eu l'idée de les disposer sur deux vantaux de bronze, à l'entrée de sa cathédrale, s'il n'avait longuement regardé à Home, sur l'Aventin où il se trouvait logé, les vénérables portes de Sainte-Sabine, dont les panneaux de cèdre étaient ornés de scènes bibliques et évangéliques représentées par des reliefs '. L'Italie centrale a pu posséder, au xi" et au xu" siècle, des portes de bronze imitées de celles d'Hildesheim et de Vérone, et des portes de bois, dans le genre de la porte « carolingienne » de Saint-Ambroise de Milan et de la porte « romane » du baptistère de Spalato*. Quels que soient les modèles perdus qui auront inspiré à la fois Bonannus de Pise et le fondeur de la porte de Bénévent. il est certain que l'œuvre de ce dernier n'est pas la suite et le développement naturel de l'œuvre d'un Barisanus; dans l'ombre qui entoure ses origines, la porte de Bénévent reste, au milieu de l'Italie méridionale, un monument unique et isolé.
Les ivoires byzantins, dont Barisanus de Trani a lire tous les éléments de ses compositions, furent sans doute imités en Apulie par des ivoiriers; mais il n'existe plus aucune plaque d'ivoire, ornée d'une figurine profane ou sacrée, que l'on puisse attribuer, avec vraisemblance, à un atelier apulien. Le seul des ouvrages d'ivoire exécutés entre le xi° et le xiii" siècle dans la Terre de Bari qui soil aujourd'hui connu, est un manche de fiabellum, conservé dans l'ancien palais épiscopal de Canosa, et enfermé dans une armoire scellée du sceau du Chapitre. Le .savant français Millin a vu. en 1812, cette pièce curieuse ; il en a fait prendre un dessin [fig. 178) '.
1. Voir la conclusion indiquée, après une discussion bien conduite,' par le docteur .1. Wikgand : Das Altchristlichc Uauptportal an der Kirche der II. Sabim, Trêves, 1900, p. li.ï.
2. Voir plus loin la description de deux pories de bois, sculptées au xn« siècle, qui sont conservées dans les Abruizes (liv. IV", ch. lu).
3. Ce dessin fail partie d'un recueil conservé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale (G 6 20, !" 38). 11 a élé publié une première fois dans une étude de Ch. de Lin a s (fe Disque crucifère, fr flabellum et l'ombella; Revue (le /'.!/■( Chrétien, nouvelle série, I, 1X83, p. 491 ; pl. XIV). D'après l'aquarelle communiquée à cet érudit par un chanoine de
La Campanie a produit une école de sculpteurs d'ivoire, qui a laissé un monument capital et unique, le devant d'autel de la cathédrale de Salenic.
Les plaques d'ivoire dont se composait ce devant d'autel ont été transportées dans la sacristie de la cathédrale. La plupart d'entre elles ont été remontées sur un bâti de bois neuf, et assemblées dans la plus bizarre confusion. Cinq plaques sont encore conservées dans les tiroirs de la sacristie; d'autres ont été volées. Quelques-unes peuvent être retrouvées à l'étranger, dans des vitrines de musée; quelques autres sont probablement perdues pour jamais.
L'autel de la sacristie, sur lequel se trouve réuni Le plus grand nombre des plaques qui formaient la décoration de l'ancien autel, contient dans ses châssis de bois les pièces suivantes :
1° Deux morceaux importants de la bordure originale, couverte de fleurons, de rinceaux, de cornes d'abondance et de figurines d'oiseaux; 2° Douze médaillons, avec les bustes des Apôtres ; 3° Douze plaques représentant des scènes de la Genèse; i" Dix-huit plaques représentant des scènes évangôliques. Les plaques décorées de scènes ont la forme de rectangles : celles de la série biblique sont disposées en long et divisées verticalement en deux moitiés par une colon nette ; celles de la série évangélique sont disposées en hauteur et partagées horizontalement en deux registres superposés.
Les scènes bibliques se suivent de la gauche à la droite d'une môme plaque clans l'ordre régulier des temps. Au contraire, des scènes séparées dans la vie du Christ par un intervalle de plusieurs années se trouvent
Fie 178.
Fiabeiium he canosa. réunies sur une même plaque '. Ce désordre apparent donne un moyen après mii.ij.n. inattendu de retrouver l'ordre primitif.
Les plaques de la série évangélique étant divisées en deux registres, le sujet représenté sur le registre supérieur d'une plaque a sa suite, non pas sur le registre inférieur de la même plaque, mais bien sur le registre supérieur d'une autre plaque. Si l'on rapproche les plaques, de manière à reformer la suite des sujets représentés sur les registres supérieurs, les registres inférieurs se trouveront former de leur côté une suite régulière. En
Canosa, Péventoir de parchemin est décoré de palmettes rouges et bleues qui ressemblent aux bordures du grand Exultet de Bari. Bien que je n'aie nu voir le flabeUum de Canosa, je ne cite que pour mémoire la tradition locale d'après laquelle cet objet serait, non pas en ivoire bruni par le temps, mais en bois précieux d'essence inconnue.
I. Il y a vingt-cinq ans, les morceaux du devant d'autel de Salerne se trouvaient disposés d'une autre manière, à en juger par une ancienne photographie que Stevenson a communiquée à Itobault de Fleury, et dont celui-ci a publié, en 1881, un croquis gravé à l'eau-forte (la Messe, 1, pl. LXXXIX bis). Les planchettes de bois qui séparaient alors les plaques d'ivoire dans le sens horizontal portaient des inscriptions latines, indiquant une partie du sujet représenté sur chacune des plaques. Mais les inscriptions se suivaient sans plus d'ordre que les reliefs. Deux de ces inscriptions traduisaient à contre-sens la scène qu'elles étaient chargées de commenter: la guérison du paralytique était confondue avec la résurrection du fds de la veuve de Naïm (Hesurrectio nalus...), et la Transfiguration avec la scène qui représente le Christ servi dans le désert par deux anges.
coupant les séries au point où le premier registre inférieur continue le dernier registre supérieur, on reforme trois groupes complets1, composés chacun de cinq plaques et distribués comme il suit :
La Visitation
Les Maeeschez Hérode.
La Vierge et saint Joseph.
L'Ange appa rail à saint Joseph.
L'A J o ration des Mages.
l'UKMIKH GROUPE
La Route de Bethléem .
Seconde apparition de l'Ange à saint Joseph.
La Nativité.
La Fuite en Egypte.
L'Annonciation aux bergers.
Le Massacre des Innocents,
La Présentation au Temple.
Les Noces de Cana.
Le Baptême du Christ.
La Transfiguration.
DEUXIEME iirtOU'E
Le Christ servi par les anges.
LaRésurrectiôn du lils i île laveuve de Naïm.
La Guérison du paralytique.
La Mère et les Frères de Jésus.
LaPôche miraculeuse.
La Samaritaine.
La Résurrection
de Lazare.
Les Rameaux.
La Multiplicatioi des pains.
La Cène.
Le Lavement des pieds.