Léon d'Ostie; Migne, t. CLXXIIL, col
les paroles de vie que le diacre vient lire du haut de l'ambon. Le monstre, de la gueule duquel on voit sortir parfois le torse nu du prophète, a la queue de dragon que Lui donnaient les peintres des catacombes '.
Le seul monument de celte série qui se soit conservé est en marbre : c'est l'ambon de la cathédrale de Ravello, donné, dans la première moitié du xne siècle, par l'évêque Constantin 11 ' 1094-1150), qui s'est nommé dans deux inscriptions, gravées l'une sur le rebord du lutrin, l'autre sur la face postérieure de l'édicule, qui regardait la tombe de l'évêque*. La décoration comprend des sculptures très sommaires, - un petit aigle, deux bandes de feuillages épineux, - et des mosaïques de marbre et d'émail3. Deux paons se font face au-dessus de l'arcade. Sur les rampes, la baleine, en forme de dragon ailé4, est représentée deux fois, d'abord engloutissant Jonas, dont les jambes seules n'ont pas encore disparu, puis rendant le corps vivant, dont le buste émerge de la gueule du monstre (fi<j. 181) 5.
Le type d'édicule dont l'ambon de Ravello est le seul exemplaire encore visible dans l'Italie méridionale était d'origine byzantine. L'ambon de Ravello, sans les mosaïques dont il a été incrusté, serait la reproduction d'un ambon oriental représenté dans le Ménologe de l'empereur Basile II». Ce type d'ambon, adopté au xi' siècle dans plusieurs églises campaniennes, fut imité au siècle suivant dans les églises de Rome. Un ambon identique, dans ses grandes lignes, à celui de Ravello, fut élevé, vers 1123, dans l'église Santa Maria in Cosmedin, en même temps que l'église était pavée de marbres de couleur. Ce pavement imitait celui qui avait été exécuté au Mont-Cassin par les ouvriers grecs de Desiderius ; l'ambon lui-même fut, selon toute vraisemblance, une copie en marbre de l'ambon du Mont-Cassin. Le type de l'ambon byzantin se conserva à Rome, en même temps que l'usage des pavements à décor géométrique; il fut reproduit, au xn° siècle, à Saint-Clément et à Saint-Laurent hors les Murs'; au commencement du xnf, les marbriers romains exécutèrent encore une copie de ce modèle dans l'église de Corneto8.
La niche ouverte sous le lutrin de l'ambon de Ravello est tlanquée de deux minces colonnes de mosaïque. Sur d'autres ambons élevés pendant le xu' siècle dans la Campanie
1. Voir les ambons reproduits en appendice dans l'Iconographie comparée ries rouleaux d'Exultet (Bénévenl, dès 1050; 30,. Quelques dessins à plus grande échelle sont donnés par Hohatot dk Fleurit [la Messe, III, pl. CLXXXIV-XVJ).
2. Sic Cosstastisos monet et te pastor ovims, Dominus Conslaidinus prxsul inclylus Istuu opes CARUM qui fecit .mahmohe clarum, Requiescil hic secuadus.
CuXSTANTINUS GONSTROXIT PB^SUL UFTIMUS.
Les deux derniers vers ont disparu (Cambra, Storia di Amal/i, II, p. 310).
3. Le monument a été fortement restauré ; les mosaïques sont refaites. ^
i. Ce même monstre est sculpté sur un fragment d'ambon qui se trouve encastré dans le mur de l'église de Posilano, près Amalli; sur ce marbre, Jonas est oublié; la baleine à queue de dragon est entourée de poissons et accompagnée d'un renard, dont la présence au milieu des habitants de la mer est faite pour étonner [fig. 188).
b. L'évêque Constantin avait encore érigé dans la cathédrale de Ilavello un autel, qui portait l'inscription suivante, conservée par Caméra :
Mannoribus construction cernitis aram Quam Constantinus conslruxit pastor ovinus. laudetis Dominum mundoque corde libetis.
6. RohàULT de Flkl'my, la Messe, III, pl. CLXXVHI. Cf. pl. CLXXXVI.