‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 228 sur 433 · Hoilubd-Bseholles, pl. X ; Schulz, Atlas, pl. VI, lig. i · texte numérisé non relu

Hoilubd-Bseholles, pl. X ; Schulz, Atlas, pl. VI, lig. i

le fondateur do l'église de Saint-Nicolas1. Une fois investi du pouvoir archiépiscopal, l'ancien abbé des Bénédictins de Bari resta fidèle à l'église qui était son œuvre. Ce n'est point dans la cathédrale construite par Bizantius, niais bien dans l'église inachevée de Saint-Nicolas que l'archevêque Hélie plaça son siège épiscopal. Le meuble de marbre fut inauguré dans la crypte, à l'occasion du synode tenu dans cette crypte, en 1098, par le pape Urbain IL

Un chroniqueur de Bari, contemporain de l'archevêque Hélie. parle de ce trône avec admiration'-. Aujourd'hui encore, on ne peut voir dans la salle du Trésor* ie trône sculpté

à la (in du xf siècle, sans être frappé par la hardiesse de la composition et l'énergique précision du travail. Le dossier seul est identique à celui du trône de Canosa. Tout le reste est nouveau. A la place des lourds animaux qui soutiennent le trône d'Urso, le sculpteur a imaginé un double système de supports vivants. Du côté de la face postérieure, il a placé, entre deux colonnettes octogonales, un lion assis, tenant une figurine d'homme dans ses serres. Sous la face antérieure, il a groupé trois statuettes d'hommes demi-nus, l'un debout, coiffé d'un casque conique et appuyé sur un bâton, les deux autres tête nue et un genou en terre''. L'attitude de ces cariatides, qui plient sous le poids, l'indication des muscles, par méplats vigoureux, témoignent d'une telle habileté dans le travail de la ronde bosse que, si l'œuvre n'était pas datée de manière irrécusable par l'inscription et par une chronique contemporaine, on la croirait postérieure d'un siècle à l'archevêque Hélie. Seuls, les visages épatés et les liras démesurément longs donnent aux statuettes viriles un air simiesque. Le reste du décor est tout, byzantin : les panneaux de marbre qui forment les bras du trône sont repercés à jour, comme des plaques de tramenna. Sur les montants et devant le siège, des rinceaux et des silhouettes d'animaux, inscrits dans des losanges, sont réservés et comme « champlevés », sur un fond légèrement creusé, qui a été rempli d'une sorte de stue, l'ail de cire brune et de marbre pilé : c'est le procédé employé communément au

Fie;. 183. — Trône de [.'arcbevêqbi unso (vers 1080). Cathédrale de canosa.

1. Sur les côtés du trône est gravée l'inscription suivante :

Inclilus atque bonus sedet hae in sede patronus

Presul Barinus Helias et Canusimus.

■2. Muratori, H. I. S., v, p. 155; Semiez, I, p. 47 et n. 3.

3 La photographie ci-contre a été prise avant que le trône ne fût transféré de rabs.de de la bas.l.qne dans la sa le du Trésor C'est à cette même place, devant le mausolée de Bonna Sforza, reine de Pologne, qu'il avait été dessmé plu- Bréholles, pl. IX ; - Schl-lz, Allas, pl. VI, flg. 3 ; - Pere.ns, les Sculpleurs italiens, Album,

sieurs fois. Voir Huillard pl. XLVI, n° 1.

i. Toutes ces ligures de haut-relief sont prises dans le hlor

de marbre antique qui forme le soubassement du tr

xie et xu" siècle pour la décoration des frises de marbre qui sont disposées sous les mosaïques, dans l'intérieur des églises grecques '.

Un troisième trône épiscopal, non moins richement décoré que ceux de Bari et de Canosa, est caché dans l'ombre de la grotte miraculeuse qui s'ouvre sur l'un des sommets du mont Gargano. C'est à peine s'il est possible de distinguer sur le siège de marbre les inscriptions et les sculptures, à la lueur des lampes qui brûlent continuellement devant l'autel dont l'archange saint Michel avait, dit-on, fait en personne la consécration et la dédicace'-.

Deux hexamètres rimés, gravés sur la bordure supérieure du dossier, rappellent , par la disposition des lignes et par la forme même des caractères, les deux vers gravés à la même place sur le trône de Canosa. Comme pour accentuer l'etïet de la rime, les deux dernières syllabes sont unies en un seul mot :

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