Schulz, II, p. 283 ; I, p. 187, fig. 40 et
FlG. 197. — DÉTAIL DE L ENCADRE DE SAN N1C0LA E CATALDO,
RTAIL PRINCIPAL (1180).
ii;,. L'ART PROVINCIAL ET MUNICIPAL
leur triple encadrement, le rapprochement bigarre et pittoresque d'une Lande de feuillage byzantin d'une suite de rinceaux •> romans », enfin d'un jeu d'entrelacs et de fleurons qui est |>eut-ètre l'imitation d'une boiserie arabe, apportée de Sicile par le comte Tancrède ou par quelqu'un de sa suite (fig. 19t}*. La richesse de ce décor composite est rendue encore plus chatoyante par le jeu d'une lumière d'Orient sur les m êles vives que le sculpteur a découpées dans la pierre tendre, comme il eût fait dans le plâtre d'un revêtement de
mosquée.
Les marbriers de la Terre de Bari, à partir des premières années du xu* siècle, sculptent des figurines d'animaux et d'oiseaux sur l'encadrement des portails. La porte condamnée du transept méridional de la cathédrale de Trani, qui donnait accès autrefois dans la crypte transversale, commencée vers 1094 par l'arehevôque Bizantius, esl décorée de sculptures analogues aux silhouettes de monstres qui étaient représentées sur une Iramenna archaïque de l'église basse (fig. 196).
Un développement rapide de la sculpture monumentale se manifeste alors dans une série d'églises apuliennes fort éloignées les unes des autres. 11 faut étudier à part le portail de la cathédrale de Troja, qui encadre une. porte de bronze datée
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DE SAN N ICOi.A ! OAT.VLI»., J'IIF.S UWKK 1 1180). fjg J j £„ ggg^ (jatlS SOU archi-
tecture, ce portail, avec ses larges montants et son archivolte surhaussée, a. comme la façade dont il lait partie, des formes pisanes. .Mais la sculpture n'a aucun trait commun avec les sculptures toscanes du même temps : elle n'essaie pas même, comme les décorations les plus anciennes de la cathédrale de Pise, de rivaliser directement avec la lourde opulence des frises et des chapiteaux romains. Plus d'acanthes déployées en larges volutes; sur les chapiteaux des pilastres, les rinceaux nerveux portent des fleurons, qui reproduisent exactement les diverses variétés de la flore byzantine sculptée sur le portail de Salerne '. Quelques figurines humaines et des animaux se jouent parmi ces rinceaux. Les
l. ScauLit, AUm, pl. tLVIH, Og. i.
i. Sceou, II, p. SB3 : I, p. 187, ilg< 40 et 41.
GRANDE FENÊTRE ABSIDALE DE LA CATHÉDRALE DE BARI Fin du XIIe siècle.
plaques encastrées dans le tympan de l'arcade qui surmonte l'archivolte du portail sont couvertes d'un décor végétal identique à celui des chapiteaux, et dont le caractère oriental est d'autant plus frappant que ces plaques ont pris, sur la façade de l'église de Troja, la place occupée, au-dessus des portails pisans, par des fragments de sculpture antique'. Le travail même de l'outil n'a point, dans les sculptures de Tmja, la largeur ni la mollesse que l'imitation des modèles romains donnait dès lors aux ouvrages des ateliers pisans : les trous vermiculés du trépan ont fait place à des tailles profondes et nettes, qui découpent les motifs avec la précision d'un burin de ciseleur.
Le linteau du portail a élé sculpté par le même artiste que les hauts chapiteaux des pilastres: au lieu d'être couvert de rinceaux et d'animaux, il est occupé, d'un bouta l'autre, par une lile de figurines. Au milieu, le Christ sur son tronc, adoré par la Vierge et saint Pierre inclinés; entre les personnages sont érigés des sortes de candélabres, portant des cartouches sur lesquels sont gravés les noms MF BT,lH8 XPS, S. PETKVS. Aux extrémités du linteau, deux évèques en chasuble, tète nue et tenant la crosse, bénissent à la grecque : les inscriptions désignent saint Éleuthérius et saint Secundinus, tous deux f,«. 198. - Fbag«kni «y™ tbansï,™ du site*, évêques de l'antique cité d'.Eç;e, sur les ruines de CRmï Dï " cathédrale de maki.
laquelle le catapau Bojoannis avait fondé Troja. Entre le groupe central et les figurines des évèques sont disposés, dans des médaillons couplés, les symboles des Évangélistes. Plusieurs des personnages représentés par le sculpteur, le Christ, saint Pierre, les deux évêques, avaient leur place marquée dans les compartiments de la porte de bronze placée sous le linteau. Le travail tin et précieux du marbre, le relief net et accusé, les draperies aux plis souples et profonds, la composition même, lu groupe central, qui est une AéViç, dans laquelle le Précurseur a cédé la place à saint Pierre, patron de la cathédrale-, fout concourt à indiquer que l'habile sculpteur du grand portail de Troja a pris pour modelé des ivoires byzantins.
En même temps que les figurines des portails de Troja, et peut-être quelques années auparavant, d'autres images du cycle chrétien furent représentées en bas-relief sur une archivolte de l'ancienne cathédrale de Monopoli1. Ce sont douze bustes d'anges disposés en demi-couronne, et au-dessus desquels est gravée l'inscription qui relate la construction de 1 église, bâtie en 1107 par l'évèque Romoald \ avec l'aide du comte Robert, qui parait être