LES MOSAÏQUES ARABO-SICILIEN NES EX CAMP A N I E
émaux <|ue le décor du champ et parfois mêlés à des rinceaux et à des fleurettes, animent de place en place un disque ou un écoinçon. Dans le mobilier des églises romaines,
FiG. 222. — Chaire de la catbrdrale de balerne, donnâb par l'archevêque rôxoaldo, vers 1175.
les ligures vivantes n'apparaissent que très tardivement, au xiv" siècle, au milieu des méandres el des losanges; encore les marbriers cherchent-ils des silhouettes d'animaux, non pas dans la (aune décorative de l'art oriental, mais parmi les vieux symboles des catacombes : ils découpent en marqueterie d'qpws sectile des images de colombes et
d'agneaux1. La colombe, qui avait été pour les artistes chrétiens un hiéroglyphe sacré, n'a point place parmi les oiseaux représentés au moyen d'émaux sur les marbres de la cathédrale de Salerne. Ces oiseaux, brillants comme les oiseaux affrontés sur les soieries orientales, sont ceux qui se montrent, parmi les polygones étoiles, sur les lambris de la basilique de Monreale-.
Pas plus que les oiseaux multicolores, les marbriers romains ne connaissent les
fleurons en forme de lotus lancéolé, qui sont disposés de place en place sur les hautes transennm de Salerne (fig. 222). Ce sont les fleurons qui. à .Monreale, servent de couronnement aux lambris de mosaïque3. Le motif est musulman et sicilien : il est dessiné en mosaïque île marbre sur le mirhab de la mosquée d'Aschar, au Caire, et en mosaïque de pierres grises sur l'abside de la cathédrale de Païenne.
La forme de ces fleurons est celle des plaquettes d'or émaillées qui sont fixées en couronne autour de la tiare de la reine Constance, 611e du roi Roger et mère de Frédéric II [fig. 223).
Tout, dans les mosaïques décoratives de Salerne, est sicilien. Ces mosaïques font partie intégrante d'un mobilier de marbre qui comporte des sculptures, chapiteaux et bas-reliefs.
Le décor sculpté de l'ambon et de la chaire de Salerne a-t-il la même origine que le décor polychrome?
Les figurines de haut-relief disposées parmi les acanthes grasses des chapiteaux diffèrent de foutes les œuvres antérieures de la sculpture campanienne, par une imitation directe et vigoureuse de modèles antiques. 11 ne s'agit plusde quelques denticules ou rais decœur, ni