Ugo Falca.ndo (Muratobi, R. I. S., VII, col
2. Ughelu, Italia sacra, VII, p. 407-408. ;j. Ughsixi, Italia narra, VII, p. 204-205.
tion ancienne, reposaient sur quatre chapiteaux ornés d'animaux et de figurines humaines comme ceux de la chaire de Salerne '.
Les merveilleux ouvrages siciliens, dont s'enrichirent en même temps, vers 1175, les deux cathédrales de Salerne et d'Amalfi, lurent aussitôt imités dans le voisinage. Un abbé de la Ca va, nommé Marino (1147-1170), qui vivait au temps de l'archevêque Romoaldo, fit exécuter dans l'église de l'abbaye un pavement en marbre, un ambon, une clôture de chœur et un candélabre du cierge pascal, qui étaient des reproductions simplifiées des travaux exécutés à Salerne2. De nos jours (en 1880), le candélabre, habilement restauré, a été érigé de nouveau dans l'église, à côté de l'ambon, reconstitué avec les morceaux qui gisaient épars dans le réfectoire et l'ancien cloître. L'ambon de la Cava est imité de la
chaire de Salerne : il en diffère par la rudesse sommaire de la sculpture. Deux des colonnes torses qui le supportent reposent sur deux lions accroupis.
A Ravel lo, l'église San Giovanni del Toro possède un ambon dont les chapiteaux ressemblent, par les figurines dont ils sont ornés, aux chapiteaux de Salerne, et par la sécheresse du travail, à ceux delà Cava ify.225j.Cel ambon, porté sur quatre colonnettes, qui soutiennent des archivoltes décorées d'oiseaux bariolés, comme les morceaux conservés de la chaire d'Amalfl, est agrandi, du côté de l'escalier qui donne accès à la plate-forme3, par une galerie à parapet de marbre, semblable à la galerie qui fait communiquer la chaire de Salerne avec le chœur.
Le candélabre du cierge pascal est réduit à un simple chapiteau, posé sur le parapet et entouré de quatre figurines. Ces figurines, de même que le personnage représenté en bas-relief, au-dessous de l'aigle qui soutient le livre, ne sont pas demi-nues, mais strictement vêtus d'une draperie raide, à plis serrés. Les mosaïques, parfaitement conservées, dessinent des polygones étoilés, des rinceaux à fleurons brillants, des pies et des perroquets, du coloris le plus brillant et le plus irais. Quelques disques de faïence bleue, à dessins bleu foncé, sont mêlés aux mosaïques et complètent la richesse exotique du décor. Décorés d'oiseaux et de grands caractères neshkis, ces bacini ont élé sans doute envoyés de Sicile, avec les émaux'1.
Entre ces œuvres brillantes de l'art sicilien, importé en Campanie, el les œuvres origi-
i. Caméra, Storia diAmalft; 2» éd., I, p. 154.
■2. Guillaume, Histoire de VAbbaye de tu Cava, p. 120. L'un des fragments porte l'inscription suivante:
AI1IIAS CUI CURISTES DONF.T VITASI SINE FINE HOC OPl'S EST FACTUH TE PRKCIPIKXTE UARINB.
3. La rampe de l'escalier, formée de deux plaques inégales, assez maladroitement agencées, a peut-être été remaniée au xiv" siècle, lorsque le bâti massif de l'escalier a été décoré à l'extérieur de peintures giotlesques.
4. Tout près de Havello, dans l'église Sanl' Eustachio de Pontone, dont l'abside seule est encore debout, à demi évenlrée, on voyait au xvur siècle une chaire qui était une copie directe de celle de Salerne, comme l'ambon de San Giovanni del Toro est une imitation de la chaire d'Amalfl (Cambra, Sim i/t di Amalft, 2° éd., Il, p. 2;i2). Il ne reste do la cliaire de Pontone que deux fragments des archivoltes sculptées, qui ont été- transportées à Havello, au-dessus de la [un ie d'entrée du palazzu d'Afûitto : les reliefs représentent, comme ceux qui décorent les archivoltes de la chaire de Salerne, deux ligures de prophètes tenant des phylactères. Un fragment d'un autre ambon imité de l'ambon de Salerne, — un homme, autour duquel était enroulé un serpent et dont la tète supportait un aigle, — se voyait autrefois à Gragnano (F. -S. Liguobi, Cenni storico-critici aella Città di Gragnano, 1863, p. 23).