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LES MOSAÏQUES ARABO-SICILIENNES EN CAMPANIE

se révolta contre G uillaume I", avec la plupart des villes de l'Italie méridionale, ce fut Matteo d'Ajello, qui, par son intervention, épargna à sa patrie le sort de Bari1. A la mort de l'archevêque Homoaldo, en 1181, le chancelier de Sicile fit nommer au siège de Salerne son propre lils. Nicola. Matteo d'Ajello se montra aussi généreux en donations et en fondations pour sa ville natale que pour Palerme, sa patrie d'adoption. Quand son fils fut élevé à la dignité d'archevêque de Salerne, Matteo continua dans cette ville, par la construction d'un hôpital voisin de l'église San Giovanni5, la série des largesses qu'il avait inaugurées, au temps de Homoaldo, en contribuant à l'embellissement de la cathédrale.

Ces faits historiques expliquent, de manière à ne permettre aucun doute, l'existence d'un foyer secondaire d'art sicilien dans un port de Campanie. Des deux Salernitains illustres qui on! donné à la cathédrale de leur ville son mobilier de marbre et d'émail, l'un a passe à Palerme les années pendant lesquelles il a joué un rôle dans l'histoire, l'autre va fait toute sa carrière d'homme d'Etat. L'archevêque Homoaldo et -le chancelier Matteo ont envoyé de Sicile en Italie une escouade d'ouvriers d'art, choisis parmi ceux qui travaillaient à la grande basilique de Monreale.

Salerne ne fut pas, dans le dernier quart du xu" siècle, la seule ville campanienne dont la cathédrale s'enrichit d'un décor emprunté à la magnificence des églises de Sicile. La cathédrale d'Amalfl reçut, elle aussi, vers 1175, un mobilier de marbre décoré d'émaux. Par une rencontre qui achève de préciser l'histoire des rapports artistiques établis, au temps du roi Guillaume II, entre la Conca <TOro et le golfe de Salerne. il se trouve que les deux évêques qui donnèrent à la cathédrale d'Amalfl sa chaire, son ambon et son candélabre du cierge pascal, étaient l'un et l'autre des familiers de la cour de Sicile. Le mobilier précieux de la cathédrale était inachevé en 1 171. à la mort de l'évèque Robaldo, qui. avant d'être élevé au siège d'Amalfl, avait été chanoine de la cathédrale de Païenne et chapelain du roi Guillaume l"r. Le successeur de Robaldo, Dionisio, qui fit graver son nom sur le lutrin de la chaire, avait été l'un des conseillers du roi et l'ami de Gualtiero, archevêque de Palerme !. Les marbres et les mosaïques d'Amalfl n'ont laissé que des fragments dispersés. On voit encore, dans le chœur, l'une des colonnes de l'ambon, incrustée d'émaux comme les colonnes du cloître de Monreale. et, dans le vestibule du cloître, les quatre archivoltes de la chaire, qui sont décorées d'entrelacs et de paons affrontés, et qui, d'après une descrip-

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