‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 269 sur 433 · G. B. Guarini, Xapoli no/i"*, IX, l'JOO, p. 13b · texte numérisé non relu

G. B. Guarini, Xapoli no/i"*, IX, l'JOO, p. 13b

bizarres, et qui nomme un « patron » appelé Ranfridus, tout en célébrant sa demeure, brillante comme la lune qui, du haut du ciel, illumine la terre1. Le feuillage épineux qui est découpé sur l'archivolte el les demi-boules ouvragées qui se détachent en relief sur le cadre de marbre sont d'évidentes imitations du décor des grands portails apuliens. Les portes d'églises ou de palais conservées à Melfi sont, comme les chapelles dispersées dans la campagne, l'œuvre d'artistes locaux. La ville même de Molli a été la patrie de constructeurs, tels que les trois maîtres qui jetèrent un pool sur le ravin creusé à pic derrière la ville forte de Muro, et qui, l'ouvrage terminé, le signèrent de leurs noms, accompagnés de leur titre de citoyens de Melfi2.

Une école secondaire se forma, vers la tin du xii" siècle, dans celle ville de Muro, où des constructeurs furent appelés de la ville centrale de la région. Dans la petite école de Muro, un maître qui s'est élevé au-dessus de ses compatriotes a laissé sa signature sur une série d'oeuvres. Il avait nom Sarolus; — en italien moderne, Sarlo3. Ce nom est tracé en caractères cursifs sur la paroi extérieure d'une chapelle bâtie en face de Muro, dans le faubourg de Capitignano, séparé de la ville par le ravin que franchit le vieux pont1. La chapelle de Capitignano a trois nefs et des piliers carrés; elle est couverte en charpente : c'est une église de campagne, pareille à celles qui se trouvent isolées loin des centres habités, comme la Glorio.m de Montemilone. Dans la ville de Potenza, l'église de San Michèle ressemble trait pour trait à la petite église voisine de Muro : il est possible qu'elle ait eu pour architecte maître Sarlo5. Cet artiste a construit un édifice plus important cl mieux décoré, l'église de Santa

1. « HEC IIOMUS UT LUNACELO TERRA NITETUNA VI. ItafFRIDUSSECUNXADA PATRONUS. VIVANT RECTORKS JOHANNES NECNE ROBfer^tf). »

Giovanni et Roberto sont probablement les architectes.— Cf. 1. Monumenti mediemlidella regione ilel Vultitrc, p. vm, lig. 9.

2. Ingus protomagister. Jdhannes cognomine Cito. Johannes Musaneri. Cives Melfienses. MG. Cette inscription, dont la lecture laisse place à des doutes, notamment pour le millésime, a été reproduite par Suiiulz (I, p. 10) et, d'après lui, par d'autres historiens. Elle a disparu depuis nombre d'années; quant au pout, avec son arche en plein cintre, il sert encore aux muletiers et aux paysans qui traversent le torrent.

3. Lenormant a supposé que ce nom élait normand et l'a transcrit sous la forme « Sarule » [A travers l'Apulie et la Lucartie, I, p. 188, n. 1). On doit admettre cependant que, dans le nom de Sarulus, l'accent est sur la première syllabe. C'est avec cette accentuation que le nom du maitre de Muro est introduit dans un vers de l'inscription de Santa Maria di Perno : « Quod scriptura legit magister Sàrolux egit. » Dans l'inscription de Rapolla la forme Sarôli est attirée par la rime sôli.

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