‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 272 sur 433 · Voir plus haut, p. 122-124; ûg · texte numérisé non relu

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l'entrée. L'une de ces portes a des chapiteaux ornés d'acanthe épineuse; sur le linteau sont gravés des fleurons de style byzantin (fîg. 231)'. L'autre porte, qui a fait partie d'une église dédiée à saint Étienne, est plus compliquée et plus bizarre. Les chapiteaux des colonnes adossées sont composés de figurines de bœufs représentés debout. Les pilastres sont divisés en caissons à l'antique, bordés de rais de cœur, qui servent de cadre à d'informes magots sculptés : des hommes en tunique longue ou en chasuble sacerdotale, un évêque coiffé d'une mitre triangulaire (fy. 832).

La seule église ancienne d'architecture locale qui soit encore debout dans la basse Basilicate est la cathédrale d'Anglona, autour de laquelle s'est fait le désert et qui, du haut de sa colline abandonnée, regarde au loin le lit de l'Agri, les campagnes fiévreuses et la mer Ionienne. Un portail bas et pesamment orné donne accès dans la cathédrale où entrent librement les animaux de la masseria voisine. Les zigzags irréguliers, les têtes humaines serrées les unes contre les autres, en manière de modillons, sur l'archivolte supérieure, les quatre symboles des K vangélistes rangés autour de l'agneau de Dieu sont d'une sculpture plus grossière encore que les reliefs signés par Sarlo de Muro (fy. 233). Le narthex interposé entre ce portail et la nef parait être du même temps que le corps de l'édifice. Comme ce narthex est couvert de voûtes d'ogives, la cathédrale toute entière doit être reportée au nui" siècle. L'église, à l'intérieur, est une basilique à trois nefs, dont les piliers rectangulaires sont unis par de larges arcades; un campanile carré, élevé à l'entrée de l'édifice, a donné à celui-ci une silhouette toute différente de celle des églises basiliennes. Cependant des fresques de style byzantin, accompagnées d'inscriptions grecques, ont été peintes sur les parois des bas-côtés et jusque sur les pilastres. Dans l'architecture même de l'église, des réminiscences de l'art chrétien d'Orient sont visibles et frappantes. En face du narthex voûté d'ogives, le sanctuaire saillant, avec sa voûte en berceau, rappelle la ruine énigmatique de la Roccelletta (fy. 234) A l'intérieur du chevet, au-dessus du toit de l'abside, l'architecte a tracé une série de grands arcs en quart de cercle, qui s'appuient les uns sur les autres et qui encadrent une sorte de grande arcade tréflée (fy. 235)*. Cette décoration bizarre, dont on chercherait en vain un second exemple dans toute l'Italie, est un développement de celle qui se trouve communément dessinée en briques sur le chevet des églises de Grèce, depuis le xu' jusqu'au xive siècle'1. L'artiste local qui a appliqué à une basilique latine une telle décoration s'est inspiré, sans aucun doute, de quelque église fondée non loin de l'Agri par des moines basiliens.

1. Une porte de même style, mais plus simplement décorée, se trouve dans le bourg de Calvollo.

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