‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 271 sur 433 · Kelevé en collaboration avec M. Vittorio di Cicco · texte numérisé non relu

Kelevé en collaboration avec M. Vittorio di Cicco

tant qu'à lui seul il a fait (oui l'ouvrage, c'est-à-dire qu'il a été à la l'ois l'architecte et le sculpteur1. Les deux bas-reliefs du campanile de Rapollafont connaître comment un artiste de Basilicate, estimé en son pays, traitait l'art religieux et la représentation de la forme humaine, au commencement du xm" siècle. Les images sculptées sur les deux plaques de marbre juxtaposées ollraienl aux regards levés des fidèles un ensemble iconographique dont le sens est expliqué dans quatre hexamètres, que maître Sarlo a gravés au-dessus des figures d'Adam et ïive : la faute est mise en parallèle avec la Rédemption ; Marie, la nouvelle Eve, répare, en donnant le jour au Sauveur, le mal causé par la mère du genre humain2. Pour traiter ce thème, le sculpteur de Muro s'est souvenu de ces ivoires byzantins qui furent, dans la Terre de Bari, les modèles de la sculpture mono mon (aie : les deux personnages de l'Annonciation, encadrés chacun dans un édicule, ont l'air de former les deux feuillets d'an diptyque. L'exécution du nu et de la draperie est incertaine et gauche.

Architecte ou sculpteur, maitre Sarlo, qui personnifie pour l'histoire tout l'art local de la région du Yullure, pendant le moyen âge, garde, en face des artistes apuliens de son temps, une simplicité archaïque et une grossièreté campagnarde.

Les maîtres de Melfi et de Muro pénétrèrent-ils dans le pays qui s'étend au sud-ouesl de

Potenza? Allèrent-ils travailler dans les villes qui, du haut des crêtes boisées, d inaient les

lits immenses des torrents desséchés? Rien ne le prouve. Dans la basse Basilicate, où les moines basiliens avaient laissé des édifices tels que la curieuse église voisine de SanChirico Raparo3, paraissent, vers la lin du xir siècle, quelques monuments d'un art local, qui diffère notablement de l'art rustique adopté dans la région du Yullure. Ceux de ces monuments qui ont survécu, au moins en partie, aux tremblements de terre, se trouvenf à peu de distance du cours de l'Agri. A Marsico Nuovo, deux portails anciens en marbre sont encastrés dans deux églises modernes, aux deux extrémités d'une place. Ces deux portes sont surmontées d'une archivolte portée par deux colonnes antiques adossées aux pilastres de

1. Pour le texte de ces inscriptions, voir la brochure : 1 Monumcnti dclla régime (kl Yullure, p. x ; et le petit volume de M. G. Fortunato, Rionero médiévale^ p. 18.

2. Fraude SUA COLUBEII PEU POMUM DECIPIT EVAM, EVB DAMSA PIA REPAÏtAVIT V1ROO Mviuv. DaTQUE IttO MUUER MORTE» SISU1. ET SIM SBVAM ; Du» RBOEU PEPERIT QUI FUIT. EST ET MIT.

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