Sonnet xvn, cité par Bellixi, p. SI
et les pourceaux entrent familièrement dans les nefs. En dépit des tremblements de terre et du long abandon, l'édifiée du moyen âge dresse encore, près d'un bouquet de grands chênes, la haute masse de ses nefs et de son chevet. Mais les parois extérieures et l'église tout entière portent la marque d'anciennes reprises et de reconstructions successives.
Le groupe des trois absides, dont les fenêtres étroites regardent la mer, se trouve divisé à mi-hauteur par un bandeau orné d'un appareil réticulé, qui est composé de briques en losanges. Au-dessus de ce bandeau, les absides sont bâties en matériaux menus et irréguliers, agglutinés par un mortier compact. L'abside centrale et l'absidiole du côté du Nord sont décorées d'arcatures en plein cintre, qui reposent sur de minces pilastres ; dans les écoinçons des arcades, une mosaïque de tuf noirâtre et de marbre blanc dessine des rosaces étoilées. L'absidiole du côté du sud a été remaniée : les rosaces font défaut et les arcatures sont tracées en tiers-point. La partie supérieure des trois absides est construite avec un appareil différent de celui qui compose la partie inférieure du chevet; cet appareil est régulier et assemblé à joints vifs1.
La crypte a été remaniée comme les absides. Elle ne ressemble plus aux vieilles cryptes des Abruzzes. Quatre colonnes de marbre cipollin sont alignées en file serrée devant l'abside centrale; quatre autres sont adossées au mur qui clôt l'église basse, du côté de la nef. Ces colonnes sont surmontées de chapiteaux archaïques, en tronc de pyramide renversée. Seul le chapiteau d'un pilier adossé au mur latéral est décoré de feuillages secs et plats. Les voûtes d'arêtes qui couvrent la crypte sont beaucoup moins anciennes que les chapiteaux". Les quatre colonnes qui occupent le milieu de la crypte sont rattachées au mur du chevet et aux parois latérales par des arcs doubleaux en plein cintre, d'une assez grande portée; elles sont unies les unes aux autres par des arcs en tiers-point fort aigus. Les voûtes soutenues par ces arcs brisés sont contemporaines de l'absidiole du côté du sud, dont les arcatures sont en tiers-point. Ces voûtes ont été sans doute établies alors que la partie supérieure des absides a été reconstruite : la fenêtre qui a été percée dans l'abside centrale, à côté des anciennes meurtrières, se trouve encadrée non point dans l'appareil grossier qui forme le corps de l'abside, mais dans un remplissage en appareil régulier à joints vifs, qui tient toute la largeur de l'arcature centrale. Cette fenêtre basse est ornée de colonnetLes et de chapiteaux à tètes humaines, comme la fenêtre ouverte dans la partie supérieure de l'abside, au milieu de la construction d'appareil régulier. Au-dessus des trois absides de pierre s'élève l'énorme mur du sanctuaire, construit tout entier en briques : trois constructions se trouvent superposées, de la base des absides au faite du chevet.
Cette stratification d'appareils différents n'est pas moins distincte sur le mur latéral du côté du sud. Ici l'appareil grossier forme à peine quelques assises; le mur d'appareil régulier contient une porte de marbre, de hautes fenêtres en plein cintre et une corniche