Plan dans l'Atlas de Schulz; pl. LU, flg
faite de modillons simples et uniformes. Un pan de ce mur s'est abattu ; il a été remplacé parla construction de briques, dans laquelle ont été réemployés le cadre en pierre des fenêtres et les modillons tout taillés (fig. 237).
A quels siècles appartiennent ces trois constructions si clairement délimitées? Des documents et des inscriptions authentiques apprennent que l'église de San Giovanni in
Venere a été rebâtie en 1015 par Transmundus, marquis de Chieti, et, un siècle et demi plus lard, par l'abbé Oderisius, qui devint cardinal. Cette dernière reconstruction fut commencée au mois d'avril de Tannée 1165; elle se prolongea, semble-Uil, pendant toute la vie d'Oderisius, qui resta en fonctions pendant quarante-neuf ans. La porte latérale du côté du nord, qui conduisait dans le cloître, et à côté de laquelle est encastrée l'inscription qui relate le commencement des travaux1, n'a été exécutée qu'en 1204, c'est-à-dire dans l'année même où mourul l'abbé Oderisius. Celte porte, sur laquelle un maître Alexandre
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BBDICARB Dokixo GEH (ScilULz, 11, p. « ; SALAZABO, II, p. 40 ; BlNDI, [I. 393J.
a gravi'1 son nom, près de la date, n'est qu'un assemblage de marbres antiques et de morceaux de transenna décorés d'entrelacs, qui proviennent d'une église antérieure au xr siècle.
La porte du côté du sud est d'une construction plus savante que la porte datée de 1204 ; avec son archivolte en fer à cheval et les deux statuettes de haut relief placés dans son tympan, elle a, dans sa construction et sa décoration, les mêmes caractères distinctifs que le grand portail de la façade, exécuté au temps de l'abbé Rainaldo, qui siégea de 1225 à 1230. La façade, qui est bâtie en appareil régulier depuis sa base, est contemporaine de la porte ou antérieure de peu d'années : en effet, la moulure très nettement profilée, qui sert de tailloir aux chapiteaux des pilastres du portail, se continue sur toute la largeur de la paroi1.
La construction en appareil régulier est sans doute celle qui a été commencée en 1165 par Oderisius et qui n'a été, semble-t-il, achevée qu'après la mort de l'abbé-cardinal. Celte construction ne forme plus qu'une faible partie de l'enveloppe murale. La partie supérieure de la façade, au-dessus du bizarre pignon qui surmonte le portail, est construite en briques, comme le mur du chevet, au-dessus des absides. C'est en briques également que sont bâtis les piliers et les murs des trois nefs, qui sont couvertes en charpente, ainsi que les voùles d'ogives établies sur le chœur. Voûtes et piliers sont des imitations grossières de l'architecture française -. La construction de l'intérieur de l'église tout entière, accompagnés de remaniements aux murs latéraux, ainsi qu'à la partie supérieure de la façade et du chevet, n'a été achevée qu'en 1344, comme en fait foi une inscription autrefois copiée par Polidoro :
ABSOLUTA FUIT DOMUS IIEC SACRATA JOHANNIS TEMPORE CUM DURA PRIÎMERET VEXATIO FRATHES GUILL. ABB. A. D. MCCCXLIIII 3
Ainsi l'église de San Giovanni in Venere est aujourd'hui un monument du xiv* siècle, avec un portail du xm", et des absides qui conservent, ainsi que la crypte, quelques restes d'une construction plus ancienne. Il reste d'ailleurs impossible d'attribuer à une date précise, avant l'année 1165, les chapiteaux archaïques de la crypte et la construction de deux des absides, avec leurs arcaturcs et leurs singulières rosaces en mosaïque de pierre et de marbre.
1. Le tombeau d'Oderisius a été adossé à celte façade. Il est composé d'un sarcophage de marbre cipollin, surmonté d'un fronton triangulaire. L'épitaphe, avec la date de 1209, est gravée sur le devant du sarcophage dans deux compartiments qui ont la forme des Tables de la Loi, et qui étaient entourés autrefois d'un encadrement de mosaïque (inscr. dans Bimii, p. 39'i, en note).
2. Chacun des piliers de la nef se continue, au-dessus du chapiteau, par un pilastre qui monte le long de la paroi de la nef et auquel est adossée une demi-colonnette, suspendue à mi-hauteur de la muraille, sur un culot. Ces colonnettes portent des arcs formerets en tiers-point, qui font saillie au-dessus des hautes fenêtres en plein cintre.