Bindi, p
Dans les reconstructions qui ont fait disparaître à peu près complètement ledilicc du xi' et du xne siècle, deux éléments de l'élévation et du plan primitifs ont été seuls conservés. La hauteur du sanctuaire, dont le pavement se trouve élevé de quatorze marches au-dessus de la nef, était déjà marquée à l'extérieur des absides par des arcatures anciennes qui correspondaient aux voûtes de la crypte; le plan, avec le long sanctuaire, sans transept saillant, ne semble pas avoir été modifié.
Ce plan, qui était celui de San Liberatore et de San Pietroarf Oratorium, fut reproduit, à la (in du xi" siècle et au commencement du xn", dans plusieurs églises bénédictines, imitations rustiques des grands monuments de la région campanienne. L'une de ces vieilles églises s'est conservée presque intacte, au fond d'un vallon qui s'ouvre dans la conque du lac Fucin; elle a gardé, avec son architecture primitive, son nom ancien : Santa Maria m Valle Porclaiwla.
Le monastère de Santa Maria avait été donné au Mont-Cassin, par Berardus, comte desMarses, en 1080. L'église fut rebâtie aux frais de ce seigneur1. Elle est précédée d'un narthex pareil à ceux de Santa Maria d'Aquino et de San Liberatore. Sur l'un des pilastres de ce narthex est écrit le nom du donateur, le comte Berardus, fils de Berardus3; sur un autre pilastre on lit encore, dans une inscription étrangement pompeuse, le nom de l'architecte, qui s'appelait Nicolas1.
Des piliers carrés, reposant sur des bases carrées, séparent les trois nefs. Les chapiteaux rudimentaires de ces piliers sont décorés de manière différente; les uns portent des denticules, des oves et des boudins striés comme des cordes, qui rappellent le décor à l'antique adopté par les architectes campaniens, et n'en diffèrent que par la grossièreté du travail; d'autres chapiteaux sont couverts de rosaces géométriques, d'entrelacs barbares et de figurines informes, gravées en silhouette parmi artisan local.