‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 283 sur 433 · Voir plus haut, p. 287, fig · texte numérisé non relu

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du Gran Sasso, San Pietro a Campovalano. près Campli, à peu de distance de l'ancienne frontière napolitaine.

Dans les vieilles basiliques des Abruzzes, les piliers qui séparent les nefs présentent les formes les plus diverses. Les colonnes antiques ne sont employées que par exception et isolément. Plusieurs églises ont des piliers carrés, comme les églises bénédictines du xis siècle, dont le type le mieux conservé est la ruine imposante de San Liberatore, au pied du mont Majella {fig. 69). La grande église de Bominaco a des piliers ronds, établis sur des bases attiques. Dans la nef de Santa Maria in Lago, près Moscufo, la double file des piliers ronds est interrompue par deux piliers rectangulaires, dont chacun est flanqué de deux demi-colonnes1. Dans les églises de San Clémente al Vomano et de Sant'Angelo a Pianella, piliers ronds et rectangulaires sont employés comme au hasard, sur le même alignement. Les piliers de toute forme se trouvent rapprochés les uns des autres dans l'intérieur de l'église San Giovanni deH'lsola, qui n'a subi aucun remaniement. Le vaisseau de cette église est divisé en deux parties par les six marches qui montent au pavement du sanctuaire, sous lequel est ménagée une petite crypte (fiy. 238). Les piliers bas du chœur sont des tronçons de colonnes antiques ; les piliers de la nef sont carrés pour la plupart ; l'un d'eux a la forme d'un prisme hexagonal -. La construction irrégulière de ces nefs rappelle la disposition des cryptes du xie et du xu0 siècle qui se sont conservées dans le sol des Abruzzes, avec leurs piliers disparates : il est visible que les architectes locaux faisaient peu de cas de l'exacte symétrie.

A côté de la série nombreuse des basiliques à trois nefs, grandes ou petites, un groupe distinct est formé autour d'Aquila par quelques églises à nef unique. Celle d'Ofena, dont le portail est daté de 1196, n'a point de transept : c'est une grange de 20 mètres de long, terminée par une abside voûtée en cul-de-four3. L'église de San Vittorino, qui fut consacrée en 1170, avait une nef unique et un transept aussi long que la nef. Cette église, aujourd'hui détruite, est connue par un relevé publié au milieu du xvme siècle 4. Un exemple remarquable de ce plan s'est conservé dans l'église de San Paolo, abandonnée sur une colline voisine de Prata, au milieu des ruines de l'antique Peltuinum, qui reçut au moyen âge le nom énigmatique d'Ansidonia. L'édifice est bâti avec les pierres de la ville romaine, qui était assez importante pour posséder un amphithéâtre. Deux hautes colonnes à chapiteaux ioniques sont encastrées dans le mur latéral, du côté de l'Évangile; la paroi du côté de l'Ëpître est divisée à l'intérieur en cinq travées par des pilastres peu saillants, que des arcs en plein cintre relient les uns aux autres. Le sanctuaire ne se termine point par une abside voûtée en cul-de-four, comme celui de San Vittorino ; le

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