Schulz, Atlas, pl. L1V
2. Voir ln reproduction photographique publiée par M. Calore [Archioio storien dell' Artc, VII, 1894, p. 205), après l'assemblage de toutes les plaques retrouvées par lui-même et par M. de Nino. A la suite de cette restauration, une porte de bois rustique a été placée devant la porte de bronze pour la préserver de nouvelles injures. Sur la photographie du portail de San Clémente, qui est reproduite à la pl. XXVI, on ne verra que cette porte de bois, qui a rendu impossible la photographie directe des plaques de bronze et ne permet plus de les étudier en bonne lumière.
3. Calore, Areh. stor. ieWArte, VII, 1894, p. 206-216. — La lecture de plusieurs des noms gravés sur la porte de San Clémente a été le sujet d'une polémique acerbe entre MM. Calore et Pansa. Les pièces du débat se trouvent dans l'article cité de M. Calore, dans l'étude de M. Pansa sur le Chronkon Casaltriense, et dans un article de cet érudit qu'a publié la Rieista Abbruzzesc de 1893 (fasc. 10).
4. Si l'on en croyait la description donnée par Ughelli, la porte de San Clémente aurait été ornée d'incrustations en métal précieux, dans le genre de celles qui garnissent le creux des inscriptions gravées sur la porte de bronze qui fut commandée à Byzance par l'abbé Desiderius. Ce n'est pas même l'argent qui aurait été employé, comme pour le damasquinage des portes byzantines, mais l'or pur : uEcclesise hujus ostiutn xncmn saiis mirifice fusum, OUToque purissimo
graveur n'a pas craint d'introduire dans cette liste plus d'une localité qui, à la fin du xir siècle, appartenait non point à l'abbaye, mais au diocèse de Valva1.
Parmi les autres plaques de bronze qui sont groupées sur la porte de San Clémente, il en est 28 qui ont été tirées de 8 moules, reproduits à plusieurs exemplaires. Les quatre plaques qui étaient placées aux angles de la porte étaient ornées d'une rosace toute pareille à celles qui ont été déjà notées dans la décoration architecturale des églises des Abruzzes. Les autres plaques portent des rosaces plus simples, tracées au compas, des croix, des croissants surmontés d'une étoile : ces dessins géométriques ressemblent aux rosaces qui se trouvent placées à l'intersection des bandes décorées, sur la porte d'Alba F u censé.
Quatre des plaques de bronze de Casauria sont ornées de figurines : elles étaient placées en haut des battants, comme les symboles des Evangélistes cl le saint abbé sur la porte d'Alba. Sur l'une de ces plaques est représenté l'empereur Louis 11, fondateur du monastère; sur la seconde, l'abbé Jobel (Johel Abbas), donateur de la porte; sur les deux autres est reproduit un moine en cuculle. Les imagos de l'empereur debout et de l'abbé assis sur son trône, avec la mitre et la crosse, rappellent Fie. 2B4. - Pohtk de bo.s oonseïv^ «ans Ltaiss de s*« pietbo,
À ALBA l-TCENSE (X1ID SIECLE). PaUTIE SUPERIEURE DES BATTANTS,
évidemment les dessins à la plume dont
la chronique de Casauria est illustrée sur le manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Paris. Les figurines, comme les châteaux, ne sont que des silhouettes : sans la couleur du métal verdi, on les dirait taillées dans des planchettes de bois, aussi bien que les reliefs des portes de Carsoli et d'Alba. Le seul morceau qui se détache vigoureusement est le. marteau de la porte : un anneau tordu qui passe dans les mâchoires d'une tète de lion ronde et informe. Tout ce travail de bronze est d'un artisan local, frère des sculpteurs de
incrustation... •> Ni les inscriptions, ni les gravures géométriques tracées sur les bandes qui encadrent les plaques n'ont conservé la moindre trace d'une décoration aussi opulente. Il est très probable qu'Ughelli aura répété les assertions d'un moine ou d'un voyageur trompé par l'éclat de quelques parcelles de métal auxquelles un frottement avait rendu leur brillant, au milieu d'une plaque patinéc et verdie par le temps.
1. Voir les remarques de M. Pansa, qui a opposé à la liste gravée sur la porte de San Clémente, vers H90, la liste des pays soumis à la juridiction de l'évêque de Valva, en 1188, d'après une bulle de Clément III. Il est possible que la liste des évèques sufTragantS de Hénévent, gravée sur la porte de la cathédrale de cette ville, mentionne de même des sièges qui ne relevaient plus de l'archevêque de Bénévent. Ainsi s'expliquerait que cette liste épiscopale, qui fait partie intégrante d'un ouvrage de bronze exécuté vers l'an 1200. soit conforme à la liste qui est donnée dans les bulles authentiques avant 1153, et qui se trouve déjà modifiée dans le Liber Censuum de 1 192.
bois, qui connaissait par ouï-dire les portes du Mont-Cassin, avec leurs inscriptions, et qui n'avait pas vu les reliefs moulés et fondus, quelques années plus tôt, par maître Barisanus de Trani.
Aucune église des Abruzzes n'a conservé dans son sanctuaire quelque ancienne pièce de mobilier sacré en bois, telle que le fragment de stalle retrouvé à Saint-Vincent au Volturne [fig. 94) ou le trône sacerdotal de Montevergine (fig- 180). Les tabernacles et les ambons les plus anciens qui figurent dans les églises de la région sont faits d'un bâti en calcaire assez friable, revêtu d'une couche épaisse de stuc rosàtre, dans laquelle des sculptures abondantes ont été taillées, comme dans un plâtre fin.
Le ciborium de San Clémente al Vomano est monté sur quatre colonnes antiques. Les chapiteaux portent des archivoltes géminées, dont la retombée centrale s'amortit sur deux petits culots en forme de glands, qui se trouvent suspendus en l'air. L'édicule est surmonté de deux étages octogonaux, que couronne une pyramide1. Les fines et courtes colonnettes des deux étages supérieurs sont réservées dans une lame de calcaire, découpée à jour comme une planche : des trous repercés dans la pierre friable détachent de la masse les petites arcatures entrecroisées ou en forme de fer à cheval, qui surmontent la file serrée de ces colonnettes. Le stuc dont l'édicule tout entier est revêtu n'étend sur les étages octogonaux qu'un mince badigeon ; il forme sur les chapiteaux et sur les archivoltes une couche épaisse, dans laquelle s'enroulent des rinceaux et s'agitent des figurines humaines, enchevêtrées parmi les entrelacs et les rubans perlés. Sur les chapiteaux euxmêmes, les feuillages sont remplacés par des arabesques qui font penser aux ouvrages calligraphiques des décorateurs musulmans.
Ces délicates et bizarres sculptures ont été refouillées dans le stuc par deux artistes, dont les noms, gravés sur l'une des faces latérales de l'édicule, appartiennent à une même famille. L'un de ces artistes était le père, Ruggiero; l'autre le fils, Roberto3. L'autel ancien, au-dessus duquel s'élève le dais de ciborium, est sorti du même atelier. Les trois faces décorées de cet autel sont faites chacune d'une plaqué de marbre cipollin, entourée d'un cadre de calcaire couvert de petites feuilles ciselées presque sans relief. Les plaques de marbre sont toutes guillochées de gravures, dont les creux ont été remplis de stuc gris. Sur un fond couvert de quatre-feuilles et de croix, qui composent un vrai dessin de broderie, se détachent un Agneau de Dieu dans un cercle et des motifs végétaux, dont l'un rappelle le/(o«( assyrien des vieux marbres sculptés pour les églises de Naples ou de Sorrente.
PLURIBUS BXPERTUS FUIT 1C CDU PATRE ROBBBTUS ROGBRIO DUIIAS RBDDENTE8 A HTE PIODBAS.
(BraDI, p. 503.)