‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 297 sur 433 · Bindi, Album, pl · texte numérisé non relu

Bindi, Album, pl

bote, connaissait par ouï-dire les portes du Monl-Cassin, avec leurs inscriptions, et qui n'avait pas vu les reliefs inouïes et fondus, quelques années plus tôt, par maître Barisanus de Trani.

Aucune église des Abruzzes n'a conservé dans son sanctuaire <j uek|ue ancienne pièce de mobilier sacré en bois, telle que le fragment de stalle retrouvé à Saint-Vincent au Voltnrne (/!</. 94) ou le trône sacerdotal de Monte vergi ne (fig. 180). Les tabernacles et les ambons les plus anciens qui figurent dans les églises de la région sont faits d'un bâti en calcaire assez friable, revêtu d'une couche épaisse de stuc rosâtre, dans laquelle des sculptures abondantes ont été taillées, comme dans un plâtre fin.

Le riborium de San Clémente al Vomano est monté sur quatre colonnes antiques. Les chapiteaux portent des archivoltes géminées, dont la retombée centrale s'amortit sur deux petits culots en forme de glands, qui se trouvent suspendus en l'air. L'édicule est surmonté de deux étages octogonaux, que couronne une pyramide1. Les fines et courtes colon nettes des deux étages supérieurs sonl réservées dans un.' lame de calcaire, découpée à jour comme une planche : des trous repercés dans la pi. rc friable détachent de la masse les petites areatures entrecroisées ou en tonne de fer à cheval, qui surmontent la lile serrée de ces colomietles. Le stuc dont l'édicule tout entier est revêtu n'étend sur les étages octogonaux qu'un mince badigeon; il forme sur les chapiteaux et sur les archivoltes une couche épaisse, dans laquelle s'enroulent des rinceaux et s'agitent des figurines humaines, enchevêtrées parmi les entrelacs et les rubans perlés. Sur les chapiteaux euxmêmes, les feuillages sont remplacés par des arabesques qui font penser aux ouvrages calligraphiques des décorateurs musulmans.

Ces délicates et bizarres sculptures ont été refouillées dans le stuc par deux artistes, dont les noms, gravés sur l'une des faces latérales de l'édicule, appartiennent à une même famille. L'un de ces artistes était le père, ltuggiero; l'autre le fils, Roberto*. L'autel ancien, au-dessus duquel s'élève le dais de ciborinm, est sorti du même atelier. Les trois faces décorées de cet autel sont faites chacune d'une plaque de marbre cipollin, entourée d'un cadre de calcaire couvert de petites feuilles ciselées presque sans reliff. Les plaques de marbre sont toutes guillochées de gravures, dont les creux ont été remplis de si ne gris. Sur un fond couvert de qualre-feuilleset de croix, qui composent un vrai dessin de broderie, se détachent un Agneau de Dieu dans un cercle et des motifs végélaux, dont l'un rappelle lehom assyrien des vieux marbres sculptés pour les églises de Naples ou de Sorrente.

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