‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 298 sur 433 · Hindi, Album, pl · texte numérisé non relu

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' (llixm, p. 503.)

LA SCULPTURE DANS LES ABRUZZES f,61 L'autel ae San Clémente al Vomano, avec sa line marqueterie de marbre eL de stuc, est un ouvrage unique dans les Abruzzes. Leciborium qui surmonte cet autel a été fort exactement reproduit au fond d'une vallée très éloignée des bonis du Vomano, dans l'église de Santa Maria m Valle Porclaneta. L'édicule est encore en place, derrière le curieux iconostase de bois; il a conservé son couronnement, que le ciborium de San Clémente al Vomano a perdu : un fleuron de stuc, surmonté d'un Agneau de Dieu.//,/. 255). Les archivoltes qui reposent sur les colonnes sont trilobées, au lieu d'être géminées; mais les reliefs qui composent la décoration des deux tabernacles sonl identiques.

Devant l'iconostase de Santa Maria in Valle Porclaneta est placé un ambon qui est fait, comme le tabernacle, d'un bâti en pierre calcaire, revêtu de stuc. Les chapiteaux et les archivoltes tréfléès de Fambon sont décorés de reliefs aussi capricieux et aussi compliqués que ceux qui couvrent les parties correspondantes de l'édicule voisin [fig. 256). Deux lutrins faisaient saillie sur le corps de bambou : l'un d'eux a élé ruiné; l'autre a conservé la majeure partie de sa décoration : un monstre ailé qui avance en haut-relief son buste décapité, el deux bas-reliefs qui représentent le diacre dans les attitudes rituelles qu'il prenait du haut de bambou, lisant TLpitre ou l'Evangile sur le pupitre soutenu par un aigle, ou balançant un encensoir. Les reliefs qui couvraient le parapet ont disparu avec le revêtement de stuc, à l'exception de deux : l'un représente un homme qui combat un ours, l'autre une danseuse qui agite son écharpe devant un roi : sans doute une Salomé devant Hérode. Sur la rampe de l'escalier qui monte a la plate-forme de ['ambon, deux reliefs mettent en scène l'histoire de Jonas, qui était représentée sur les plus anciens ambons de la région campaniennc. Le sculpteur des Abruzzes a curieusement détaillé la narration du prodige: il a montré le bateau d'où le prophète est jeté dans la gueule ouverte du monstre marin; dans le compartiment suivant, Jonas est rejeté par la baleine, et, dans l'angle inférieur du tableau, il est assis sous un arbre, dont les branches entrelacées sont chargées de palmettes en éventail et de fruits allongés comme des courges, ['ne inscription en onciales nettes et fines est gravée sur la rampe de l'escalier, au-dessus et au-dessous des deux reliefs; malgré les lacunes laissées par l'ecaillcment du stuc, cette inscription fait connaître exactement la date de l'ambon et les noms des artistes qui l'ont sculpté :

Fig. 255. — Ciborium de santa maria i\ v alu

PORCLANETA, ATTRIBUÉ A RORERTO ET MCODEMO.

INGENU CERTUS VARII MULTIQUE ROBERTUS HOC LEVITARUM NICODEMUS ATQUE. . .

... ANNUS CENTENUS QUINQUIE DENUS CUM FUIT HOC FACTUM FLL'XIT. . . • VI MENSE OCTCBER 1

L'ambon et le oiborium du stuc, séparés l'un de l'autre par l'iconostase de bois, sont tous deux l'œuvre des mêmes artistes. Roberto, qui a gravé son nom sur l'ambon, n'est autre que le sculpteur qui a signé, avec son père Ruggiero, le ciborium de San Clémente al Vomano 3.

Quant à Nicodemo, était-il un second fils de maître Ruggiero? Les lignes conservées de l'inscription n'indiquent point que le collaborateur du sculpteur Roberto fût son frère. D'ailleurs maître Nicodemo, après avoir exécuté un ambon de concert avec le sculpteur du tabernacle de San Clémente al Vomano. décora à lui seul deux ambous, qui se sont conservés presque intacts, et qui ressemblent si étroitement à l'ambon de Santa Maria in ValU Porclaneta qu'ils pourraient permettre de restaurer jusque dans le détail ce monument mutilé.

L'ambon adossé à l'un des piliers de l'église Santa Maria del Lago. prés Moscufo (Pl. XXIV)3, a exactement la même forme que celui de Santa Maria m ValU Porclaneta. Les chapiteaux et les archivoltes sont couverts des mêmes arabesques ; l'histoire de Jouas est répétée sur la rampe de l'escalier avec les mômes épisodes; mais sur l'ambon de Santa Maria in Lago la série des reliefs est complète. Quatre figures en haut-relief, qui sont les quatre symboles des Évangélistes, font saillie sur les deux lutrins, disposés perpendiculairement l'un à l'autre4. L'aigle est debout au-dessus du bœuf, et l'ange audessus du lion. De petits bas-reliefs achèvent de décorer le tambour des lutrins. Les deux diacres de Santa Maria in Valle Porclaneta reparaissent, l'un à droite de l'aigle, l'autre à gauche de l'ange. Au diacre qui balance l'encensoir fait pendant, de l'autre côté de l'aigle, un prêtre qui élève le calice; au diacre qui lit sur son lutrin fait pendant, de l'autre côté de l'ange, une ligure hirsute de saint Jean-Baptiste. L'image du Précurseur, mis à mort par Hérode, rappelle le bas-relief de l'ambon de Santa Maria in Valle qui représente la danse de Salon lé.

Dans les caissons des parapets, deux hommes combattent un lion et un ours; à côté de ces images .le belluaires, qui n'ont aucun sens religieux, le sculpteur a placé un saint Georges, tête nue, avec un haubert fait de lames de fer; du haut de sa monture,

1. Bindi n'a lu que les deux premiers vers et les trois derniers mots (p. 902-903) : il n'a point connu, par conséquent, la date du monument.

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