‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 314 sur 433 · Voir plus haut, p. 173, n · texte numérisé non relu

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3. Sur le moulant de gauche du portail et sur l'architrave du tahernacle qui fait face à l'entrée, des rinceaux analogues sortent de la gueule de deux guivres identiques.

4. Voir la photographie publiée par Bindi [Album, pl. 175). Les inscriptions ont été' reproduites pour la première fois d'une manière correcte par M. Piccirilli (lianscyna Abruzzcsc, III, 1899, n" 7, p. 7j.

FlG.265. — Portail de l'église iie santa oiusta,

PRÈS BAZZ&KO.

de pure architecture locale1. Sur les chapiteaux isolés, les reliefs qui ont un sens religieux sont rares : deux anges inclinés dans la crypte de San Giovanni, prés de Borgocollefegato ; une scène biblique et une scène évangélique sur deux chapiteaux en forme de trapèze, qui ont fait, partie de l'église détruite de San Flaviano, voisine de Giulianova. Ces deux scènes, Adam et Ève chassés du Paradis terrestre et la Cène des Apôtres, sont représentées par des figurines plates et informes, découpées comme celles qui couvrent la porte de bois de

Carsoli*. La Madone avec l'Enfant, sculptée en bas-relief dans une plaque de pierre calcaire conservée dans la crypte de la cathédrale de Sulmona, est une simple icône qui n'a jamais fait partie intégrante d'une architecture. Avec son trône curieusement guilloebé, son manteau étoilé de rosaces et galonné d'un large orfroi (fy. 266), cette image sainte en bas-relief imite le travail précieux d'un petit tableau d'autel revêtu de métal comme le triptyque d'Alba Fucense (Pl. VI)3.

Un ensemble île sculptures, composé d'images qui ont un sens et une suite, apparaît pour la première fois, dans les Abruzzes, sur une façade d'architecture étrangère, celle, de San Clémente a Casauria. La disposition des figurines qui ornent la baie centrale du porche, rangées autour des chapiteaux et sculptées dans les claveaux inférieurs de l'archivolte, a été. sans doute réglée par le maître qui a dirigé les travaux cl qui apportait les traditions artistiques de quelque monastère du Nord4. Cependant les sculptures ont été taillées dans le calcaire tin de Pescosansonesco par des artistes locaux. Les quatre symboles des Kvangélistes, qui, dressés au-dessus des piliers, supportent les colonnettes qui divisent la paroi, entre les archivoltes, semblent être un souvenir des ambons de stuc. La foule des figurines humaines qui animent le porche et les portails ne contient aucune des images de prêtres et de saints que maître Nicodemo sculptait auprès des symboles des Kvangélistes et des bêtes féroces. Mais, si le choix des motifs n'a pas été fait par un artiste des Abruzzes, il a été certainement dicté par un moine de Casauria, et peut-être par l'abbé Léonas en personne. La plupart des reliefs ont un sens historique, plutôt qu'un sens dogmatique; ils célèbrent, en même temps que la gloire de Dieu et des saints, la puissance de l'abbaye.

1. On peut citer encore un très petit buste du Christ i|ui occupe l'un des caissons, sur le linteau du portail de Sant'Eusanio Forconese.

2. Bindi, Album, pl. 12- Dans la Cène, le Christ est assis au bout d'une longue table, comme sur les fresques de Bominaco et de Santa .Maria rtd Cryptas.

3. Bindi, Album, pl. 121. La tête joufflue de l'enfant est moderne, i. Cf. Sim-r/., Il, p. 20.

Les douze apôtres sont alignés en deux groupes sur les chapiteaux qui soutiennent l'archivolte centrale du porche ; les fleurons d'iris qui couvrent les tailloirs de ces chapiteaux sont comme la signature d'un sculpteur des Abruzzes. Au-dessus des apôtres, deux groupes de figurines, sculptés dans l'épaisseur de l'archivolte, sont étagés l'un en face de l'autre ; chacun des groupes est composé do deux personnages debout et d'un ange vu à mi-corps. D'un côté saint Clément (S. Clbmens) est accompagné du roi Salomon (Rex Salomon); de l'autre le roi David iRex David), dont la couronne a la forme d'une mitre, a pour voisin un homme coiffé d'un simple bonnet, qui porte un phylactère où est gravé un passage de Joël (fig. 267). La présence de ce prophète, dont le nom fut porté par l'abbé de Casauria qui donna la porte de bronze, atteste que la décoration du porche Eut achevée seulement par le successeur de l'abbé Léonas.

Les deux rois et le prophète sont associés au saint patron de l'église, non pour rappeler le dogme ou la morale, mais pour parler, en solennelles énigmes, des eaux qui faisaient une ceinture au monastère bâti dans une île. David reconnaît dans les fleuves la puissance du Très-Haut ; sur la banderole qu'il tient déployée sont gravés les mots :

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