‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 345 sur 433 · BfluXER-FlGSER, Aeta Imp., p. 1780, n · texte numérisé non relu

BfluXER-FlGSER, Aeta Imp., p. 1780, n

o. Wixckelma.w, Aeta Imp. ined., I, p. 79, n°" 86 et 87 ; p. 83, n" 96.

de Troja. Vers la fin du xne siècle, des restaurations importantes furent entreprises et modifièrent profondément la façade et tout le sanctuaire de l'église achevée par l'évèque Guillaume (fig. 293). En même temps les parties anciennes du monument, celles qui avaient gardé le style toscan du xf siècle, étaient étudiées et imitées par les architectes locaux. La cathédrale de Troja, qui donnait des détails de décoration à des édifices à coupoles, servit de modèle, un siècle après sa construction, à de grandes basiliques.

Quand fut bâtie, pour recevoir l'icône miraculeuse de la madone de Foggia, la grande collégiale dont la nef et le chevet ont été, en 17:31 , ruinés de fond en comble par un tremble-

Fig. 294. — Crypte de la collégiale de foggia, xiii" siècle.

ment de terre, ce ne fut pas seulement la façade de la grande cathédrale voisine qui fut prise pour type, mais l'édifice tout entier, avec sou plan do basilique latine, sans tribunes. Sur le portail ancien de la collégiale de Foggia, qui a été remplacé au xviii" siècle par un encadrement baroque, une inscription aujourd'hui perdue apprenait que l'édifice avait été commencé en 11791. C'est sans doute parmi les artistes employés à ces premiers travaux que fut choisi l'architecte qui, en 1198, commença la façade de Santa Maria Maggiore, dans la ville de Monte Sant'Angelo. Mais il est difficile d'attribuer au xue siècle les quatre chapiteaux de marbre qui, dans l'église de Foggia, soutiennent les voûtes de la crypte, à la place du sanctuaire, et qui présentent dans leur décoration des motifs septentrionaux, collerettes ou crochets (fig. 294). Ces chapiteaux semblent être postérieurs d'un demi-siècle au commencement de la construction. Il était naturel que Frédéric 11 s'occupât

1. An.no Domiki MCLXXIX, Messe Madii, h egnante Willelmo : OPBs inceptom est. L'église Santa Maria Maggiore Je

Monte Sant'Angelo porte aussi une date qui indique la pose de la première pierre et non l'achèvement. C'est évidemment une habitude locale, dont on retrouvera la trace dans les constructions civiles et militaires de Frédéric 11 (voir plus loin l'inscription de 1230, relative aux travaux du château de ïrani).

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d'embellir l'église près de laquelle il s était bâti un palais. L'empereur lit de l'église de Foggia, comme de celle d'AItamura, une église palatine, indépendante au milieu du diocèse.

La façade de la grande église de Foggia montre encore, malgré d'affreuses mutilations, ses traits de ressemblance avec l'église de Troja, dont elle fut imitée. Les pilastres adossés aux façades sont élevés sur une haute base : un degré solennel fait au portail une sorti' de piédestal. Comme à Troja après les restaurations, la façade se trouve coupée en deux par

Fui. 29o. — Façade dk la cathédrale du termoli, xiii" siècle.

une épaisse corniche, d'où pendent des végétations difformes et desmonstres effroyables; la rose, remplacée au xvui" siècle par une baie de style rocaille, était ouverte sous une arcade en tiers-point, portée par deux colonnes trapues (PI. XXXi '.

Au-delà du Fortore, qui marquait la limite de la Capitanate, la collégiale de Foggia fut reproduite elle-même à Termoli, dans un port du Comté de Molise. La cathédrale de Termoli a souffert des tremblements de terre ; elle a subi, au xvi" siècle, le bombardement d'une escadre turque; tout l'intérieur de l'église est voûté et stuqué à neuf. La partie supérieure de la façade, avec le large oculus, et L'abside centrale ont été rebâties après le milieu du xiii* siècle. Mais la façade latérale du midi et la façade princi-

1. Cf. Ja Bg. I 11». L'architecte n'a guère introduit qu'un motif qui ne paraisse pas à Troja : les deux fenêtres géminées qui, de chaque côté de la porte, sont percées entre deux pilastres.

pale sont bien conservées, sous la croûte noirâtre dont l'incendie les a revêtues1. Les parties de la cathédrale de Termoii qui remontent au temps de Frédéric II sont si parfaitement identiques aux parties correspondantes de la cathédrale de Foggia qu'elles peuvent être attribuées à un même atelier (fig. 295) -. On remarquera clans ces deux églises un détail fort

Fig. 296. — Façade DE LA cathédrale de hénévent.-

curieux qui caractérise plusieurs façades et plusieurs portails élevés à la fin du xif et pendant le xiuc siècle dans des régions aussi éloignées les unes des autres que l'Apulie, la

1 . La façade de la cathédrale de Termoii, négligée parSchulz, a été sommairement décrite par A. Perella (Arte c storia, I SSS, p. 99). Une vue de cette cathédrale, dessinée par M. II. Saladin, a été publiée dans un des articles de F. Lenoruiant sur l'Art du moyen âge cm Pouille (Gazette des Beaux- Arts, 2e pér., 25e ann. ; t. XXVII, 1883, p. 371).

2. Je ne sais comment François Lenormant a pu distinguer sur la farade de la cathédrale de Termoii des inscriptions portant les noms des papes Pascal II et Anastase IV (A travers VApulie et la Lucanie, I, p. 5). Quant au nom de F ■< architecte Giovanni Grimaldi, nom italien et peut-être génois », l'ingénieux épigraphiste ne l'a pas inventé de toutes pièces. On peut déchiffrer sur la façade corrodée par le vent marin quelques mots mutilés, gravés sous les statues et dont les lettres creusées ont été remplies de plomb : Defilittora... fmaGiNEM fiehi fecit mémento... f Judex Ghimaluus ravellensis imaoinem fieri FF.c/f . — Ghihaldus... hoc oi*us. Ce nom de Grimaldi est celui d'un donateur, et non d'un artiste. La mention d'un juge impérial de Termoii, originaire de Iîavello, est précieuse pour l'histoire. Elle s'ajoute aux documents qui

L'ARCHITECTURE APULIEXXE 6i7 Campanie et les Abruzzes. Les arcatures des deux cathédrales de Foggia et de Termoli sont tracées en fer à cheval, comme les archivoltes du transept de Caserta Vecchia et des deux portails de San Clémente a Casauria et de San Giovanni in Venere II est actuellement impossible de savoir commentée tracé, familier aux architectes musulmans a été introduit dans plusieurs ateliers de l'Italie méridionale.

L'église de Troja servit de modèle au commencement du x„r siècle, en dehors môme du royaume de Sicile, dans l'enclave pontificale de Bénévent. On travaillait en 1216 à la façade de la cathédrale de Bénévent, élevée comme un large mur devant les cinq nefs de la vieille basilique. Cette façade se compose de deux étages d'arcatures (fig. 296) « En bas de la paroi, les inscriptions des tombeaux lombards, recueillies après la démolition ,1e l'atrium primitif, ont été encastrées entre des pilastres qui sont des imitations pesantes des sveltes pilastres de Troja; sous les arcades que supportent ces pilastres, des losanges sont creusés dans la paroi. L'archivolte surhaussée du portail est un détail frappant, qui suffirait à indiquer le modèle dont s'est inspiré l'architecte. Au-dessus des arcades du second étage que supportent des consoles puissantes et des colonnes antiques détachées de la muraille' s'avancent les lions elles bœufs en ronde bosse qui sortaient à mi-corps do la muraille autour de la grande rose de Troja 3 (fig. 296).

C'est ainsi que l'église pisane, égarée dans la province qui avait pris le nom de Catanan reçut tardivement un rôle d'initiatrice analogue à celui qu'avait rempli dans la Terre de Bari l'église normande de Saint-Nicolas. L'imitation de la cathédrale de Troja introduisit dans l'architecture de la région apulienne, qui vivait sous Frédéric II de traditions déjàanciennes comme un élément nouveau d'archaïsme.

mentionnent des habitants de Bavello établis à Termoli, dès U7S, comme dans les autres ports de la Camtanate ,1 I I

1. l.e Tondeur de la porte de Bénévent a tracé en fer à cheval toutes les archivolte t»= i i , , -,

décor de ses petits bas-reliefs de bronze fa. 298). .mlmoltes des ed.cules dont d a composé le

2. Schulz, Atlas, pl. LXXIX, fig. l. U Tour du Monde, 1898 p 618

3. La rose de la cathédrale de Bénévent n'est pas garnie, comme celle de la cathédrale de Trni» r„„ I , feuillage ; ,e J^^^^iZSS. * ™ °™ ta '~ <°

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