‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 348 sur 433 · U DE LA NEF CATHÉDRALE DE BITONTO · texte numérisé non relu

U DE LA NEF CATHÉDRALE DE BITONTO

côté d'un torse de fe

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Dans la s

1 série des modillons qui forment la corniche de la cathédrale de Duvo, M. Veut.. ri a remarqué des têtes d'un heau relief, qui sont évidemment imitées des terres cuites gréco-apuliennes, pour lesquelles Ruvo avait été un centre de fabrication (Storfc delP Arte ital., 11. p. 546 et 548). Ces têtes, dont la beauté antique s'élève bien au-dessus des ouvrais contemporains de l'art local, tels que le portail de liitonto, seront étudiées dans la seconde partie de ce livre qui doit être consacrée à l'Art impérial de Frédéric II.

d'un superbe relief (fig. 301). Ce sont encore les motifs archaïques des chapiteaux de Tarente (fig. 194, 195); mais ils ont été vivifiés par un artiste énergique. A Bitonto, de même, certains chapiteaux de la nef ne diffèrent des modèles du xne siècle que par un feuillage plus découpé et un galbe plus évasé; d'autres sont tout grouillants de monstres; sur le plus curieux de tous, on distingue un homme assis, entre deux grillons, dont l'un se dresse debout, tandis que l'autre est figuré la tête en bas (fig. 302) '. Ces inven-

Fig. 304. — Galerie extérieure de la cathédrale de bitonto.

tions bizarres et hardies, le sculpteur des chapiteaux de Bitonto les a tentées dans le décor végétal comme dans le décor animal. L'un de ses chapiteaux, composé avec une ampleur et une simplicité qui méritent l'admiration des décorateurs modernes, est fait tout entier d'une plante qui étale majestueusement ses tiges épaisses et ses larges palettes de figuier d'Inde : cette plante est un monstre vivant, aussi farouche et aussi fort que les griffons dressés sur les chapiteaux voisins (fig. 303). La galerie extérieure, au-dessus des grandes arcades, forme une collection de chapiteaux sur lesquels

i. Ces groupes de figures humaines et de monstres rappellent le décor tumultueux des portails d'Alife et de Calvi. Peut-être le sculpteur des chapiteaux de Bitonto s'est-il souvenu des reliefs laissés dans la Terre de Hari par des scarpellini lombards du \nc siècle.

LA SCULPTURE APULIENNE

des groupes de monstres ont été réunis par une fantaisie féconde et bizarre (fig. 304)'.

Dans les chapiteaux d'Altamura et de Bitonlo, les motifs anciens sont transfigurés par 1 énergie d'artistes inconnus, qui ont été de véritables créateurs. Ces mêmes motifs, traités avec sécheresse par des sculpteurs médiocres, reprennent un air d'archaïsme auquel se tromperait un observateur qui ne serait pas familier avec les monuments apuliens. Les chapiteaux des deux cathédrales de Ruvo et de Molfetta, qui sont probablement l'œuvre d'un même atelier, pourraient sembler beaucoup plus anciens que les chapiteaux d'Altamura et de Bitonto, auxquels ils sont peut-être postérieurs. Les animaux sont nombreux sur les chapiteaux de Ruvo et de Molfetta-; mais leurs corps sont pauvrement modelés ; leur silhouette est anguleuse. Gritïons ou taureaux forment les mêmes groupes symétriques que sur les vieilles trammnœ; affrontés deux à deux, des oiseaux se regardent, séparés par un haut calice (fig. 305). Les feuillages sont réduits à quelques pal met tes aux liges entrelacées; çà et là des rosettes, des nœuds et des cordons tressés semblent rappeler encore les plus anciens systèmes de décorations et les plus sommaires.

Fig. 305. — Csapiteaux de la

KDRALE DE UOLFETTA,

Le caractère d'archaïsme et d'exotisme que le décor sculpté des églises apuliennes garde sous le règne de Frédéric II est frappant surtout dans le mobilier de marbre qui orne le sanctuaire de la cathédrale de Bitonlo. L'ambon faisait probablement face à la chaire, contre l'un des piliers de la nef. Pendant les grands travaux de restauration qui furent achevés en 1720, il fut transporté de l'autre côte de la nef, à l'entrée du sanctuaire et remonte sur deux colonnes antiques à chapiteaux modernes de style classique. L'escalier ancieu qui donnait accès à la plate-forme fut transformé en escalier tournant- pour compléter la rampe du x,..< siècle, on la souda à une plaque de la transmua contemporaine de l'ambon, et qui avait été laissée en place. Ainsi remanié, mutilé et complété,

1. Voir d'autres chapiteaux de la même galerie dans le livre de M. Avena [Momm. dcW UaVm merid p 70.73,

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