‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 350 sur 433 · Schulz, I, p · texte numérisé non relu

Schulz, I, p

2. C'est l'opinion de M. P. SoBOwne, dans son article sut' les ambons et les trônes épiscopaux d'Apulie (Zeilschrift fur ChrUtl. Kunst, XIII, 1900, p. 210). M. Avena donne, pour les quatre personnages représentés, les noms d'Henri VI, de l'impératrice Constance, de Frédéric II et ries fils de celui-ci (Monum. deW ïtalia merid. ; Itriaz. delV Ulficio région., p. 87).

l'édicule dessina, contre le pilier auquel il fut adossé de biais, une silhouette confuse et pittoresque. Il est difficile de dégager la silhouette exacte du monument dans son état primitif.

Sous le corps môme de l'édicule est gravée une inscription, qui donne avec la plus grande précision le nom du sculpteur et la date de l'ouvrage : Hoc opus fecit nicolaus

SACERDOS ET PROTOMAGISTER ANNO MILLES1MO DUCENTESIMO VICESIMO NONO INDK'.TIONIS SECL'NDE.

Ce prêtre-artiste qui a gravé une seconde fois, sous le lutrin, son nom : Nicolaus magister, ne fait pas connaître sa patrie. Il était certainement Apulien. Son œuvre, riche et complexe, présente, à-côté d'inventions personnelles, un véritable répertoire des motifs et des procédés techniques employés par les décorateurs et les architectes de la Terre de Bari, depuis le xie jusqu'au xms siècle.

L'aigle qui soutient le lutrin de marbre rappelle l'aigle de l'ambon de Canosa : il est debout sur une figurine d'homme, vêtue d'un caleçon et coilléed'un serre-lète. Les colonnettes disposées aux angles de l'édicule sont surmontées d'un lion et d'un taureau ailes, qui, tout en concourant, avec l'aigle et l'homme, à former le groupe des symboles évangéliques, occupent, dans l'ensemble architectural, la place des grillons posés sur les chapiteaux du portail de Bilonfo. Les arcalures qui descendent le long de la rampe sculptée sont imitées de celles qui suivent les rampants de la façade de la cathédrale. Quelques délails sont nouveaux: telles sont les boules posées aux angles de l'ambon et qui, couvertes de tresses ou de gravures, sont ciselées comme un bronze (Pl. XXX bis).

Les quatre figures humaines en bas-relief, dont le groupe forme le décor principal de la rampe de marbre, sont une invention de l'artiste, à laquelle on ne trouve rien à comparer, et dont le sens n'est pas facile à saisir. Quel est ce roi, assis sur un trône, et tenant à la main un sceptre terminé par un fleuron? Quels sont ces trois personnages debout devant lui, qui tous trois font un geste analogue au geste oriental de l'adoration, et dont un seul porte couronne? Schulz a pensé a l'Adoration des Mages1; mais où est l'Enfant? L'aigle qu'on aperçoit, sous les pieds de l'un des personnages, n'est-il qu'un motif de décoration destiné à combler un vide, ou bien l'oiseau impérial, qui déploie ses ailes au revers des monnaies frappées par le roi de Sicile à Brindisi et à Messine? Un détail donne la ctei de l'énigme: les personnages portent le costume du ira' siècle, avec le manteau retenu sur la poitrine par une large lanière, que chacun d'eux tient de la main gauche, avec le geste des rois de France, sur les statues tombales de Saint-Denis sculptées au temps de Louis IX. Le personnage couronné est Frédéric II lui-même, représenté imberbe connue sur ses monnaies d'or. L'empereur a devant lui sa seconde femme, l'impératrice Yolande, fille du roi de Jérusalem, qui venait de mourir en 1228, et ses deux lils : Henri qui devait le trahir, Conrad qui devait lui succéder {fig. 306)

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