Bikdi, Monumcnti dcgli Abruzzi, p
4. Enlart, p. 45-40; flg. 0, p. 244, 0g. 88, plan médiocre, V Atlas de Schulz, pl. LX.
5. Bulletin archëol. du Comité des travaux historiques, 1892 ; — Origines françaises de l'Architecture gothique en Italie, p. "4-';9; lig. 22 et 23.
lairede Tremiti 1 . Une première église, élevée à cette place vers le commencement du xii" siècle, était restée inachevée : c'était une église apulienne, dont la nef était couverte de deux coupoles et les bas-côtés de voûtes en demi-berceau. Quand la construction fut reprise, l'axe et le plan de l'édifice furent complètement modifiés. La seconde église, qui s'élève à la suite de la première, est massive et nue. La nef était autrefois couverte de voûtes d'arêtes, reposant sur des pilastres d'une faible saillie; les bas-côtés sont couverts de voûtes en berceau plein cintre perpendiculaires à l'axe de la nef [fy. 326 et 327). Chacune des travées des bas-côtés forme ainsi comme une chapelle basse, communiquant avec la travée suivante par une baie en plein-cintre.
Ces bas-côtés sont disposés comme ceux de la grande église abbatiale des Cisterciens de Fontenay, près Montbard '. Des ouvriers français, qui sans doute étaient des moines, ont travaillé à la petite église du mont Gargano : parmi les marques de tâcherons gravées sur les pierres, on distingue clairement des fleurs de lis. La date d'une construction aussi simple est difficile à deviner.
L'église cistercienne bâtie avec les blocs do l'antique Agrigente serait attribuée en France au milieu du xue siècle ; peut-être sa construction n'est-elle pas antérieure à 1219'.
Pour l'église de Calena. son histoire particulière est inconnue : elle se confond avec celle du monastère de Tremiti. Ce monastère qui avait élé possédé, jusqu'aux premières années du xm0 siècle, par les Bénédictins du Mont-Cassin, leur fut enlevé par Alexandre IV, qui. en 125G, donna l'abbaye des îles de l'Adriatique à la communauté cistercienne de Casanova. C'est peut-être alors, sous le règne de Manfred, qu'une petite église fut bâtie à l'extrémité orientale du mont Gargano dans un style bourguignon fort archaïque4.
1. Cf. J. Gat, le Monastère de Tremiti au XI' siècle (Mélanges de l'École française de Home, t. XVII, 1897).
2. Viollf.t-lk-Duc, Dictionnaire d' Architecture , I, p. 179, flg. 14.
3. C'esl à cette date que l'église fut cédée par l'évèque de Girgenli, Ltso, au prieur du monastère cistercien.
4. Dès le xne siècle l'église de la grande abbaye de Monte Sacro, dont les ruines magnifiques couronnent encore l'une des cimes du Gargano, avait un porche à trois travées couvert de voûtes d'arêtes, qui rappelle à la fois les constructions bourguignonnes et le déambulatoire de l'église bénédictine de Venosa (fia. 328). Cf. le Tour du Momie, 1899, p. 280-281.
Fig. 327. — Vue intérieure de l'église de sanîa maria di calena (xm" siècle).
Le plan des deux églises de Santa Maria di Calena et de San Nicola de Girgenti n'a été reproduit ni en Sicile, ni en Italie. Les seuls monuments de l'architecture cistercienne qui s'imposèrent à l'étude des architectes italiens sont les grandes abbatiales dont les trois nefs étaient couvertes de voûtes d'arêtes ou de voûtes d'ogives. Plusieurs des monastères de l'Étal romain et île la Toscane, où des moines de Citeaux avaient apporté les principes de l'architecture bourguignonne, devinrent le centre d'un atelier local, qui appliqua ces principes à la construction des églises de campagne, des collégiales et même des
Fïg. H28. — Porche ruiné de l'église de monte sacro, sur le mont gargano.
cathédrales. Autour de Fossanova, une série d'édifices d'un style français remarquablement correct sont exécutés dans le siècle qui suit l'achèvement de la grande abbatiale, à Piperno, Amaseno, Sermoncta, Sezze, Ferentino, Geccano '. L'église de San Martino sur le mont Cimino servit de modèle à un groupe de petites églises dans la ville voisine de Viterbe. L'église de SanGalgano, toute pareille à celles de Fossanova et de Casamari, fut imitée par les architectes siennois et servit do modèle à la cathédrale de Sienne, qui eut pour maîtres de l'œuvre, entre 1260 et 1284, trois moines cisterciens venus de la grande abbaye voisine-.
Le monastère d'Arbona paraît avoir contribué à répandre les modèles d'architecture bourguignonne dans une partie des Abruzzes, comme San Galgano à Sienne et dans les en-