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La fedeltà di Capoa », écrit Sannelli

L'empereur lui-même était assis sur son trône, au-dessus de la figure de la ville. Il était censé prononcer ce vers, gravé au-dessus de sa couronne royale :

Quam miseras i'acio quos variare scio !

Aux deux côtés de Frédéric II et un peu au-dessous de la statue étaient placés deux bustes d'hommes. D'après une tradition invariable, l'un était le portrait de Pietro délia Vigna. L'autre passait au xvie siècle pour représenter Rofîredo de Bénévent, qui appartenait, lui aussi, au groupe de ces légistes dont l'empereur avait l'ait ses ministres. Plusieurs historiens de Capoue. qui écrivaient au xvm' siècle, ont donné à ce même buste le nom de Taddeo di Sessa, qui s'accorde mieux avec les vraisemblances historiques. En 1240, Rofîredo était en disgrâce depuis plusieurs années ; Taddeo, au contraire, occupa de 1237 à 1218, — c'est-à-dire pendant les années où la porte de Capoue était en construction, — la charge importante déjuge à la grande Cour impériale1. Deux inscriptions étaient gravées au-dessus de deux bustes qui accompagnaient la statue. A la droite de l'empereur, Pietro délia Vigna s'adressait aux sujets fidèles :

Inlrant securi qui querunt vivere puri.

A la gauche de Frédéric II. l'autre ministre se tournait vers les rebelles : Invidus excludi timeat vel carcere trudi.

Quelle était la disposition de ces statues et de ces bustes sur l'attique de l'arc de triomphe? L'évêque Campano parle d'un regium cubiculum, placé entre les deux tours et orné de statue de marbre, dont quelques-unes étaient antiques. Faut-il entendre qu'une sorte de loggia était ouverte au-dessus de l'arcade ? Ne serait-il pas plus naturel de disposer la statue elles deux bustes dans le triangle d'un fronton ? Pour esquisser une restauration, il faudrait avoir retrouvé un dessin du xvic siècle ou le « tableau de saint Etienne », que l'historien Granata a vu à Capoue, vers 1750, dans la salle de la curie archiépiscopale, et où les tours du pont se trouvaient fidèlement reproduites. Aujourd'hui on doit se borner à étudier isolément les sculptures les plus importantes de l'arc de Frédéric II, qui ontheureusement survécu au monument dont elles faisaient partie.

La ruine des « tours delà très fidèle cité de Capoue » avait été un deuil pour la ville; plusieurs citoyens avaient protesté en vers contre la destruction d'un édifice « si ancien, si

d. Magna? curia) imperialis judex (Fahuiczï, p. 9, n. 1). M. de Fabriczy se trompe en plaçant à Capoue le siège de cette Cour, qui, d'après Riccardo de San (jermano, avait son siège à Salerne, pour toute la région campanienne (MutiATOni, «. 7. S., VII, p. 1033).

Fkî. 342. — Buste décoratif provenant des tours du pont de capoue.

Ml SEO CAMPANO.

LA PORTE TRIOMPHALE DE CAPOUE 7U beau, si rare et si élevé en gloire' ... Le Sénat de Capoue voulut au moins sauver la partie h. plus auguste du monument : la statue de l'empereur. Cette statue avait été jetée en 1557 au milieu des débris des tours ; en 1581, elle fut relevée, restaurée par deux sculpteurs napolitains et replacée dans une niche, au-dessus de la nouvelle porte élevée au bout du pont, du côté de la ville, et qui prit le nom de Porte Romaine. La statue resta pendant deux siècles à cette place d'honneur, designée aux passants par une inscription de 1585 qui commémorait l'édifice détruit*. Au temps de la Révolution française, la statue impériale l'ut jetée bas par des soldats jacobins. Mise au rebut dans un magasin delà citadelle, puis achetée avec un lot de débris par un habitant de Capoue, elle fut acquise par la Ville vers le milieu du xixf siècle.

Les deux bustes des ministres et la tète de la statue de Capoue furent retrouvés en 1875 dans la masse du Ijastion élevé en 1557 ; ils se trouvaient cachés dans des niches qui avaient été murées. En même temps furent mises au jour des tètes en pierre dont chacune tenait à un grand bloc de la construction ancienne et que les descriptions n'avaient pas mentionnées.

Une tète barbue, de proportions colossales, a pu servir de clef de voûte à l'arcade de la porte triomphale-1. Seize tètes plus petites, qui terminent des pierres en forme de coin, étaient probablement placées aux angles de la base octogonale des deux tours1 (////. 342 et 343). Huit de ces tètes ont été recueillies; huit autres, que Jannelii a entrevues en 1875, sont restées enfouies dans le bastion. Cette masse de pierres et de terre garde encore des restes du monument impérial. Le bureau des .Monuments historiques de Naples devrait tenir à honneur d'entreprendre des fouilles : il rendrait peut-être à l'étude des historiens des documents tels que les bas-reliefs qui racontaient, dit-on, les batailles de Frédéric II.

La statue, les deux bustes, les deux têtes colossales et les huit tètes plus petites qui ont été sauvées de la ruine ou tirées de leur tombeau de pierre sont aujourd'hui réunis au Museo Campano de Capoue \ Au premier aspect, tout ce groupe de sculptures a l'air composé de statues antiques : draperies et types, relief et style, tout l'ait penser d'abord aux œuvres romaines de basse époque.

1. Voir un registre municipal cité par Salazaro (Monumenti delV Italia méridionale I p SS) -. fABBirav, p. )3. Cette inscription est conservée au Mmeo Campano. .!. VSNTOHI, Storia dell' Arte ital., II, p. 560, fig. .'J94.

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