‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 45 sur 433 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

7. .1/. Ci. H., Script, rer. ital. et long., p. 428, § 50, et p. 43S, g 42. La veuve d' Anthimus, Théodenande, bâtit à son tour le monastère des Saints-Pierre et Marcellin, martyrs (ïd., $ 43).

8. « Frequentissimis ecclesiis et prœclaris, antiqua videlicet et vetustissima structura editis... » — •< Repperiuntur plane in ea templa prisco structa ffldificio (Vita Alhanasi, éd. Waitz, M. G. H., Script, rer. ital. et long., p. 440.)

A. On a signalé, sur le formidable rocher de Santa Severina, qui fut l'une des acropoles de Calabre constamment occupées par les troupes byzantines, un baptistère de plan circulaire, avec des colonnes antiques et des chapiteaux à peine épannelés, dont l'un porte sur son tailloir une inscription grecque, au nom de l'archevêque Jean (Cf. Joiidan, Mélanges de l'Ecole de Home, 1889, p. 321-323, avec plan et coupe sommaire). Cet édicule. qu'on a reporté sans raison au vme siècle, ne peut être daté, après les remaniements qu'il a subis. A Naples, le campanile de Santa Maria Mnggiore, à la Pictrasanta (Via dei Tribunali), est attribué par M. Schipa au vu0 siècle. Mais cette pittoresque constructionde briques n'est certainement pas antérieure auxie siècle. Sur son piédestal faitde morceaux antiques amoncelés le campanile napolitain fait penser à la construction du moyen Age qu'on appelle à Rome la « Maison de Crescentius ».

voile, où était brodée toute l'histoire du martyre de saint Janvier et de ses compagnons. Le même évoque fit .suspendre aux chapiteaux de la Stephania de grands voiles de soie, où l'histoire évangélique était représentée et qui continuaient, entre les colonnes, les peintures ou les mosaïques anciennes île la nef. L'autel reçut quatre voiles semblables, (oui brillants d'or et de pierres fines, qui étaient le présent de l'évêque, et un cinquième, qui fut offert par Sergius lui-même, et où se lisait le nom du duc et de sa femme1. L'industrie orientale do ces voiles de soie, sur lesquels l'aiguille travaillait comme un pinceau (acupictili), était exercée à Naples mémo : les inventaires du Liber Pontificalis de Rome citent, à côté des voiles de Byzance, d'Alexandrie et de Tyr, les étoffes de pourpre de fabrique napolitaine2. De ces tentures splendides, de ces cela chrysoclava, il ne reste que les noms, qui ressemblent à des noms orientaux de pierres précieuses11.

Comme ces frêles merveilles, (issues d'or et de perles, les orfèvreries napolitaines du temps du duché ont péri, condamnées par la richesse même des matières qui les composaient. Nous ne connaissons que par des textes les ciboria d'argent, les candélabres monumentaux, les couronnes votives. les patènes sur lesquelles étaient ciselés le buste du Christ ou des ligures d'anges, el les grandes croix, d'un travail précieux, que les Napolitains euxmêmes désignaient par des noms barbares, maladroitement transcrits du grec1. On s'est trompé pendant longtemps, en prétendant reconnaître, dans une petite croix du xi" siècle, celle qui fut faite au milieu du vu", pour l'évêque Léontius5. Toute l'orfèvrerie napolitaine, depuis Justinien jusqu'à Charles II d'Anjou, n'est, plus représentée pour nous que par une boucle d'oreille en or, de style byzantin, donl une face est ornée de rosaces en filigrane et l'autre de deux oiseaux affrontés et d'un monogramme, repoussés par estampage °.

Les objets d'ancienne orfèvrerie orientale, qui furent envoyés ou fabriqués en Calabre, ont disparu presque tous, comme les orfèvreries de Naples. Cependant M. Diehl a pu retrouver encore au musée de Reggio une mince lamelle d'or, sur laquelle sont estampées les figurines de l'Adoration des Mages, et qu'il fait remonter avec raison jusqu'au vi" siècle7; une plaque semblable existait naguère au musée de Catanzaro, où elle

1. Gapasso, Monumcnta, I, p. 210. — Jlf. G. H., Script, rer. ilal. et long., p. 434.

2. « De ifatin Neàpolitano » (Au temps de Léon III, 795-816; Liber Pontificalis, éd. Duchesne, II, p. 30). Dans ce même passage et dans d'autres, on trouve les mois:.. De blatin bizanleo, vola Alexandrina, cortinas Alexandrinas, vela tyria... »

3. Sur les étoffes historiées qui furent données par Juslinien à Sainte-Sophie, voir Paix us Siuihuiu, édit. de Bonn, p. 775 et suiv. — Cf. Baïet, llccherches, p. 75.

4. Voir ce que le diacre Jean écrit de la croix d'autel donnée par l'évêque Etienne à la cathédrale de Naples, dans la seconde moitié du vm« siècle : .. Crucem auream, mirabili fabrefaclam opère, quod Spanoclaston et Antipenton vocitatur. .. Les explications de ces deux mots, proposées par Du Giscis el par Mobatobi {II. I. a., I, 2, p. 310, n. 78 et 79),sont peu satisfaisantes.

5. La thèse erronée a été soutenue dans un opuscule spécial, par G. Taclialatela : La stauroteca di San Leonzio nella cattedralc di Napoli, Naples, 1877, in-8°. Voir plus loin une description de cette croix.

0. Cette pièce, dont la valeur historique est doublée par la rareté des bijoux byzantins, fait partie de la collection Sambon. Elle est reproduite par Capasso, Monumcnta, III, p. 253. 7. Diehl, l'Art byzantin dans l'Italie méridionale, p. 203-204.

a été volée ; un fragment du même genre et du même style que celui de Reggio a été trouvé en Basilicate 1 : sans doute il y avait été apport* de Calabre. Ces plaquettes sont des encolpia, fort semblables ;\ ceux du musée de Constantinople. Les figurines qui y sont estampées sont pareilles à celles des ampoules de Monza, et il est probable que, comme ces amulettes de pèlerinages, les médaillons trouvés en Calabre proviennent de Palestine5.

Pour la peinture, il n'existe plus en Calabre ou en Terre d'Otrante une seule fresque antérieure au Xe siècle. Mais on sait que la petite ville calabraise de Rossano, bâtie sur un rocher, à quelque distance de la mer Ionienne, a conservé le plus ancien et le plus riche des Evangéliaires grecs à miniatures, le Codex purpureus, dont les cent quatre-vingt-huit feuillets de parchemin violet sont couverts d'onciales d'argent et de gouaches fines et claires. Le manuscrit est du vi" siècle; on ne peut deviner à quelle date ni de quel pays il a été apporté dans la ville qui fut la plus forte citadelle de l'Empire byzantin et du monaehisme oriental, parmi les montagnes du Brutium. Il est seulement certain, si l'on en croit le savant qui a étudié récemment YEvangéliaire de Rossano, que les miniatures de ce volume n'ont pas été peintes en Italie3.

Les fresques qui furent exécutées dans les églises de Naples, avant le xiv' siècle, ont péri jusqu'à la dernière, et c'est à peine si l'on peu) retrouver hors de la ville, dans les catacombes, quelques figures postérieures au v" siècle. Dans la catacombe de San Gennaro, un Baptême du Christ1 peint sur une paroi du vestibule inférieur, près de laquelle ont été mis à nu des fragments d'une cuve baptismale, paraît se rattacher à un fait remarquable de l'histoire de Naples. En l'année 7G2, quand les iconoclastes eurent pris le dessus, l'évèque Paul dut se retirer hors de la ville, près de la catacombe de Saint-Janvier. 11 éleva à l'entrée du souterrain plusieurs édifices, entre autres un triclinium. Il établit aussi dans ce même lieu, dit le chroniqueur, une fontaine de marbre pour le baptême'', où les orthodoxes venaient de la ville faire baptiser leurs enfants. Ce baptistère des persécutés est probablement la cuve qui a été retrouvée dans la catacombe, et l'on peut admettre que la fresque du Baptême du Christ ait été peinte, par-dessus de vieilles fresques du nic siècle, pour commémorer la fondation de l'évèque Paul ». Cette fresque ruinée serait donc une œuvre de la fin du vm° siècle.

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