‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 44 sur 433 · De Blasiis, Arch. stor. ital., 3' série, t. III, p · texte numérisé non relu

De Blasiis, Arch. stor. ital., 3' série, t. III, p

et accueillirent les caloyers, qui fuyaient avec leurs icônes. Il y eut, dans l'enceinte do la ville, au moins cinq monastères basiliens, dont le plus important était celui des saints Serge et Bacchus1. Les congrégations de charité prirent le nom grec d'assemblées de la Croix ou Staurifae2. L'auteur de la Vie de saint Agrippinus, qui écrit au x* siècle, a vu encore à Naples deux clergés, grec et latin3, et, vers le même temps, le chroniqueur Jean Diacre a entendu, dans les églises, les laïcs et les clercs psalmodier en grec et en latin par chœurs alternés 4.

Le duché de Naples atteignit le comble de sa prospérité sous le gouvernement de Sergius, le duc qui, au txs siècle, devint chef de dynastie5. La ville eut alors une série d'évêques lettrés, comme les deux Athanase, et des religieux érudits qui traduisaient les livres grecs0 : des édifices nouveaux, tels que la basilique et le monastère qui furent bâtis parle duc Anthimus7, s'ajoutèrent à la foule des monuments élevés du iv° au vi" siècle, et que l'on respectait déjà comme des antiquités8.

Quelles furent les formes de l'art à l'extrême pointe de la Calabre et de la terre d'Otranto, à Naples et dans les autres duchés campaniens, qui relevaient de l'Empire de Ryzance, pendant les siècles obscurs qui suivirent le règne de Justinien? On ne connaît, dans ces pays et dans ces villes, aucun édifice et aucune ruine qui prenne date entre le vr et le xe siècle". Les descriptions de Jean Diacre donnent seulement une idée de la merveilleuse parure d'étoffes brodées dont les évèques et les ducs de Naples revêtirent, au ixf siècle, des églises dont les murailles mêmes ont disparu depuis longtemps. Ainsi l'évêque Athanase, qui était le propre fils du duc Sergius, érigea dans la petite église de Saint-Janvier, bâtie derrière la Stephania, un autel de marbre revêtu d'argent, qui fut recouvert d'un

\. Capasso, Mointmenta, H, 2e partie, p. 169.

3. Le nom passa dans le dialecte napolitain sous la forme estaurita. — Cf. Capasso, ibid,, p. 170.

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