XII PRÉFACE
n'aurais pu la soutenir sans l'aide qui m'a été prodiguée. Avant mon départ j'avais reçu les plus précieux encouragements, ceux d'Eugène Mùntz ; pendant mon séjour en Italie, j'ai dû beaucoup à l'active sollicitude des deux maîtres qui ont été les directeurs de l'Ecole de Rome, M. (Jeffroy et Msr Duchesne. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en m'attribuant par deux fuis une mission sur les fonds du legs Eugène Piot, a honoré mon travail et m'a permis de l'achever.
Je suis heureux de proclamer ici les sentiments de reconnaissance et d'affection que je conserve à l'Italie et aux Italiens. Devant le voyageur français les portes se sont ouvertes et tes mains se sont tendues. Les travailleurs un peu perdus dans les provinces lointaines communiquaient avec empressement leurs découvertes et leurs opinions. Point de jalousie d'érudils; le plus souvent une joie sincère d'accueillir celui qui, mieux armé peut-être, venait de loin pour remettre au jour un peu du patrimoine artistique d'une ville autrefois glorieuse. Après quelques mois, je n'avais plus aucune raison deme croire en pays étranger : les hommes les plus cultivés m'écoutaient parler leur tangue, sans être blessés par la prononciation d'un Parisien; les sociétés savantes me demandaient des articles et même des livres, que j'écrivais en italien, et qui trouvaient avant l'impression des correcteurs discrets. J'étais naturalisé par l'accord des sympathies. Je partageais la gaieté de Naples et les malheurs des provinces ruinées. Il m'était permis de parler politique et administration italiennes jusque dans les revues françaises : l'article était aussitôt traduit et répandu par des amis qui le contresignaient. En vérité, lorsque je défendais l'Italie du Sud contre les calomnies et les erreurs dont elle est encore victime, je croyais accomplir un devoir filial.
Aujourd'hui je voudrais que l'hommage de ma gratitude parvint à tous ceux qui m'ont soutenu dans ma longue tâche, depuis les cardinaux et les archevêques jusqu'au pauvre desservant, au pievano des campagnes, depuis les ministres du roi jusqu'aux cantonniers et aux carabiniers, depuis le grand propriétaire des latifondi jusqu'au paysan miné par la malaria, liais il faudrait, pour n'être pas ingrat, imprimer ici une bonne partie du dictionnaire des communes en l'accompagnant d'une liste de noms.
Je dois me borner à rappeler seulement ceux qui ont été pour moi, pendant un jour ou pendant plusieurs années, de véritables collaborateurs. Qu'ils me permettent de nommer à leur tête M. Giustino Fortunato, député au Parlement, économiste et historien. L'amitié de cet homme de bien m'a valu l'appui de son autorité morale. Je lui dois d'avoir pu travailler jusque dans les casernes, les prisons et les forts, comme si j'avais été un fonctionnaire du Gouvernement italien.
Je voudrais encore remercier chaleureusement : à Naples, M. le commandeur Batti, qui a pris la surintendance des Archives d'État après le regretté Barlolommeo Capasso, MM. N. Faraglia et Barone, archivistes; M. le comte Ludovic de ta Ville-sur-Yllon, le très aimable et très érudil bibliothécaire de la Società Napoletana di Storia patria ; M. le commandeur Martini, préfet de la Bibliothèque Nationale, et M. Miola, conservateur du département des manuscrits; M. G. de Blasiis, professeur d'histoire à l'Université; M. Ferdinando