PBÈS AVELLINO (VII"-X° SIÈCLES
bizarre et unique d'une abside ajourée avec une abside pleine et décorée de peintures. On ne peut la comparer à aucun édifice connu, parce qu'elle ne ressemble à aucun. Seuls les chapiteaux des colonnettes, striés de gravures grossières, permettent de placer entre le vne et le x" siècle l'édifice, dont la disposition, à l'entrée d'un lieu de sépulture, est un héritage direct des premiers âges chrétiens.
Quelques chapiteaux mutilés du vin" siècle, qui ont été replacés, au xn«, sur les colonnettes du gracieux cloître élevé à côté de Sainte-Sophie, sont de médiocres imitations du corinthien ; dans la vaste crypte de la cathédrale d'Alife ', on distingue, à coté do chapiteaux antiques., deux chapiteaux antérieurs au xi" siècle, et qui sont des imitations de l'ionique {fig. 26). Des fragments du rx" siècle, plus nombreux et plus caractéristiques, existent encore à Capoue, dans la capitale de la seconde principauté lombarde du sud.
Après les descriptions de Cattaneo, accompagnées d'excellents dessins2, quelques mots suffisent pour analyser les chapiteaux et les fragments de plaques sculptées qui sonl les monuments les plus remarquables d'une courte période où la jeune cité fut puissante et brillante. Les chapitéaux du porche de l'église San Michèle in Corte, qui sont encore à leur place primitive, et les chapiteaux du palais Fieramosca, qui ont été pris, au xv» siècle, dans quelque église abandonnée, ne reproduisent pas l'acanthe corinthienne. Les uns ont pour feuillage des liges de fougère, les antres des branches de laurier, raidies et stylisées. Le grand chapiteau en forme de tailloir ou de tronc de pyramide qui se trouve dans la crypte de San Michèle est orné de simples volutes, pareilles à celles delà transenna d'Otrante. La plinthe de colonne en marbre, qui sert aujourd'hui de bénitiei dans l'église de Sant'Angelo in Formis3, porte un décor d'acanthe épineuse, de laurier, de pampres et d'oiseaux, qui rappelle, par le relief très ferme comme par l'élégance des enroulements, les transennss de Torcello. Dans tous les ouvrages destinés à une capitale lombarde, on chercherait en vain un souvenir de la joaillerie barbare, de la gravure géométrique et des entrelacs irréguliers. D'ailleurs, un bas-relief du musée de Capoue, qui est contemporain de toutes ces sculptures décoratives, peut indiquer, à lui seul, d'où venaient les modèles que, sans doute, des Italiens de Campanie copièrent plus