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L'ART DANS LES PRINCIPAUTÉS LOMBARDES

de l'Italie méridionale, deux seulement ont gardé leur plan primitif. L'une est le monument dont les annalistes ont parlé avec le plus d'admiration. « Arechis, dit Erchempert, fonda, dans l'enceinte de Bénévent, un temple très riche et très beau, qu'il appela d'un nom grec Haghia Sopliia, c'est-à-dire la sainte Sagesse du Verbe. » L'édifice, qui s'élevait à côté du palais, fut consacré en 760. 'Il dut être en grande partie reconstruit après le tremblement «le terre de 1688; mais, si les voûtes sont modernes, la disposition des colonnes marque encore la hardiesse du dessein qu'avait conçu le fondateur cl la maladresse de l'architecte qui le réalisa. Le nom seul de l'édifice était un programme : le prince lombard entendait rivaliser avec le souvenir de Justinien '. Et, en effet, on lui a bâti une église à coupole. Mais l'auteur des plans, ignorant des dispositions de la grande église de Byzance, ou incapable d'établir des pendentifs, s'est contenté d'élever sur deux files circulaires de colonnes antiques, surmontées de chapiteaux corinthiens -, une rotonde plus petite el plus gauche que le baptistère de Nocera.

A la période obscure de la domination lombarde semble appartenir encore la basilique funéraire récemment retrouvée à un kilomètre de Prata, non loin d'Avellino 3. 11 n'en reste plus que le chevet, à l'entrée d'une grotte encombrée d'ossemenls [fig. 24). Les trois arcades, dont deux s'ouvrent directement sur la nuit de la caverne, rappelleront l'abside ajourée de la basilique de Paulin, dont la triple baie donnait accès à la « confession » de saint Félix. Mais, dans la basilique de Prata, l'arcade centrale n'est que l'entrée d'un sanctuaire, autour duquel les paroisde la grotte forment comme un déambulatoire (fig. 25). C'est une construction de plan elliptique, couverte d'une voûte en cul-de-four, sur laquelle un artiste local du xv" siècle a peint le Bédempteur dans une auréole portée par deux anges. A mi-hauteur des parois latérales sont pratiquées des arcades séparées par des tronçons de colonnes en marbres divers. Au fond du sanctuaire s'ouvre enfin, comme une abside secondaire, une simple niche décorée d'une fresque du xie siècle, la Vierge en orante, debout entre deux anges en adoration. Toute cette construction est une combinaison

t. « Arechis igitur princeps illustris, perfecta jam sancte Sophie basilica, quam ad exemplar illius condidit Justiniani... » (.1/. G. H., Script, rcr. long, et itat., éd. Waitz, p. 577.)

2. Schulz, II, p. 328, atlas, pl. XLIII, n°V; — Meomahtinï, i Monumcnti rfi Bencvento, 1895, p. 365-372. L'église Sainle- Sophie a une ancienne porte en marbre, dont le tympan semi-circulaire est orné d'un bas-relief et d'un écusson en mosaïque. Les figures sculptées sont le Christ, un donateur à genoux et un saint debout. M. Meomartini a soutenu, tout récemment encore, que la porte remontait à l'époque lombarde : le personnage représenté à genoux serait Arechis en personne, accompagné de son patron, saint Mercure. Mais il est aisé de voir que le bas-relief, si grossier qu'il soit, n'est pas antérieur au commencement du xivc siècle.

3. Décrite pour la première fois par Me' Taululatela : Areh. stor. per te prov. nap., III, 1878, p. 132-154.

Fie. 25. — Abside de la basilique eunéiuire de prata,

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