‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 65 sur 433 · AUX SOURCES DU VOLTURNE · texte numérisé non relu

AUX SOURCES DU VOLTURNE

lenticulaire.

Des peintures revêtent toute la surface des parois latérales et la concavité de la voûte, au-dessus du petit bras de la croix. En face de l'entrée (A), et aussi sur le mur de gauche (A1), six ligures de saintes sont debout, en costume de princesses grecques, séparées en deux groupes par un vase très haut, d'un galbe svelte et presque antiq ue 1 {fig. 2'.)). Los saintes s'acheminent processionnellement vers le centre de la chapelle, portant de grandes couronnes gemmées, qui reposent sur un pan de leur stola, recouvert par le voile transparent que fixe à leur iront un étroit diadème. Puis, dans l'abside terminée par un réduit circulaire, cinq anges ou archanges (BB) sont debout, vêtus on patriciens de

Byzance, avec des iques qui descendent à mi-jambes et un manteau fixé sur l'épaule

droite. Ils tiennent un sceptre long et un globe-.

Les scènes qui suivent sont deux représentations de martyres (fig. 31). Saint Laurent est nu, tout étendu sur le gril, où deux bourreaux le maintiennent par les pieds et les reins avec des fourches, tandis qu'un aide tient l'extrémité d'une longue corde serrée aux poignets du patient. A gauche, un empereur assis tend le bras pour donner un ordre: son manteau vole en l'air, comme tordu par un vent furieux. D'en haut un ange descend ou plutôt tombe vers le saint (Ci. Apres le martyre de saint Laurent, voici celui de saint Etienne; les deux scènes sont séparées par une niche basse creusée dans

1. Les figures des saints se trouvaient encore à demi enterrées quand M* Piscicelli pénétra dans la chapelle ; LrApocilypseP( " ' "* danS CeUe prOCession de «8»™ imberbes les vieillards

2. Auprès de l'un des archanges on lit la légende : SCS RAPHAËL.

la paroi, et, au-dessus, par une colonne peinte qui moule jusqu'à la courbure de la voûte. De la seconde scène on distingue seulement deux hommes debout, en tuniques courtes (D) : ils jettent des pierres au saint, dont le corps a disparu derrière un petit mur, élevé, après coup, pour masquer une ancienne fenêtre.

La paroi qui fait face aux deux scènes de martyre est divisée de même en deux parties par une niche plus profonde et plus haute que la première, et dans laquelle on aperçoit trois figures debout, également imberbes (E). Au milieu, le Christ-Emmanuel, portant le nimbe crucifère, est debout sur un demiglobe de couleur rouge; il bénit à la grecque et tient de la main gauche un livre ouvert avec ces mots : EGO SVM DS A Bit A 11 A .

A la droite et à la gauche du Rédempteur sont debout saint Laurent (S. LAVRENT1) et saint Etienne, qui se ressemblent comme de jeunes frères; ils tiennent l'un et l'autre un livre à la main, et, au lieu de l'aube et de l'étole des diacres, ils portent, comme le Christ, une tunique et un ample manteau à l'antique. La composition peinte à gauche de la niche élait l'apparition de l'ange aux saintes femmes, qui arrivent devant le tombeau; on ne distingue plus qu'une faible partie des figures et quelques lettres de l'inscription : SEPYLCRYM DOMINI (F). A droite de la niche est représentée la Crucifixion (G). Le Sauveur est imberbe et nu, avec un simple linge autour des reins; immédiatement au-dessus de son nimbe sont écrits les mots : IHS CHRISTVS REX IYDEORVM. Deux cercles, l'un rouge, l'autre jaune, rappellent les deux figures traditionnelles, le soleil et la lune. On lit, à gauche de la croix, la parole du quatrième Évangile : MVLIER ECCE FILIVS TYYS. La Vierge et saint Jean sont debout, dans des attitudes douloureuses : Marie lève vers la croix ses deux bras voilés de son manteau brun ; le disciple appuie la joue sur son bras plié. Enfin, au pied de la croix, on voit agenouillé » l'abbé Épiphane, vêtu d'une aube blanche et d'une casula rouge. Il a un nimbe rectangulaire de couleur verte... Sous la figure de l'abbé on lit en grandes lettres blanches le nom : DOM EPYPHANIYS ARBAS1». Entre le sépulcre et la Croix une femme est assise devaut un édicule, le front ceint d'une grande couronne tourelée. On lit clairement devant cette ligure les lettres : HIERSL. C'est Jérusalem qui contemple douloureusement le crucifix (Pl. III, »° 2)

[G. 31. — LE MARTYRE DE SAINT LAURENT ET DE SAINT ETIENNE. FRESQUE DU [X° SIÈCLE, DANS LA CHAPELLE SAINT-LAURENT AUX SOURCES DU VOLTURNE (CD DU plan).

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