Batiffol, l'Abbaye <lc Rossano, Paris, 1891, p. xxv
3. ii rpa^Èv yi:y. <r)=ooôpo-j eutAou; votàpîou y-*': Ta6ôuXocptou 'Axepeviîaç. » (Trincbera, Syllabua grSBC, memb., n° CCXI.II, p. 327.) Le dernier diplôme grec du prieur de Kyrsosimo qui nous soit parvenu porte la date de 1232 [îbkl., n° CCLXXXY, p. 394).
du Sud, la langue des Arts? La religion officielle n'allait point sans un art religieux. Le culte grec avait besoin d'églises; avec les vêtements sacerdotaux, évêques et higoumènes apportaient leurs icônes; enfin les artistes de profession ne devaient manquer ni parmi les immigrants laïcs, ni parmi les moines. C'est pendant les deux siècles où la moitié de l'Italie méridionale fut réunie de fait à l'Empire d'Orient que l'art byzantin sut monnayer le trésor des traditions artistiques accumulées depuis les origines du christianisme, et constitua les types qui devaient avoir cours pendant une longue suite de générations. L'architecture avait réalisé de multiples combinaisons de la coupole; l'iconographie, après la querelle des Iconoclastes, avait achevé de se développer et allait se fixer; les formes antiques capables de se prêter à la sévérité du drame chrétien avaient, reparu, dans une véritable Renaissance; un coloris d'une opulence orientale, que l'art antique n'avait pas connue, semblait revêtir de soie les figures sculpturales des mosaïques. Cet art, fort de toutes les traditions savantes, oubliées ou inconnues de l'Occident, et dont les chefs-d'œuvre, en Grèce, sont les mosaïques de Saint-Luc en Phocide et de Daphni, près d'Athènes, régna dans la ville sainte de la Russie et dans les églises de la lagune vénitienne. Pénétra-t-il de même dans les provinces italiennes du basileus? Peut-on découvrir en Calabre el en Apulie des oeuvres d'art qui rappellent de loin les splendeurs de Sainte-Sophie de Kiev ou de Saint-Marc de Venise?
11 ne s'est conservé aucun des édifices qui ont été élevés dans l'Italie du Sud sous le gouvernement des Catapans. Seuls deux monuments, qui ne sont pas des constructions, portent encore la marque de la domination. byzantine. L'un est l'inscription que le protospathaire Lupus, après avoir reconstruit, sur l'ordre « des empereurs « dcByzanee, la ville de Brindisi, ruinée par les Sarrasins, fit graver sur le piédestal de l'une des deux colonnes antiques, aux chapiteaux ornés de divinités marines, qui marquaient, au bord de l'Adriatique, la fin de la voie Appienne1. L'autre est un petit bas-relief représentant la Vierge à mi-corps, avec l'Enfant sur son bras gauche, qui est encastré dans une chapelle de Trani. Sur le cadre de cette grossière icône de marbre est, gravé le nom du turmarque Delterios2.
Pour trouver, après le x* siècle, des traces visibles de la civilisation byzantine dans les provinces italiennes qui ont appartenu à l'Empire d'Orient, il faut descendre jusqu'au temps des ducs normands d'Apulie et des rois normands de Sicile. Ce n'est, d'ailleurs, ni dans la Capilanate ni dans la Terre de Bari qu'on peut découvrir une œuvre du xi' ou du xne siècle qui soit purement byzantine. La ville qui avait servi de résidence au Catapan conservera bien, jusqu'au temps dos Angevins, l'habitude de compter les années à dater
1 . Scbulz, I. p. 208. On ne sait si le personnage qui a fait graver son nom et son titre sur le piédestal Je la colonne de Brindisi doit être identifié avec le protospathaire Lupus, auquel est attribuée une chronique apulienne du xi° siècle, Cf. Pertz, M. G. H., Scriptorest v, p. 51.
2. « -f IvjpiH Pio-.Ot) tov Bo-jXov sou As?.T£piov Top^ap/r, ». Cf. Helïiuni, Avch. stor.per le prov. nap., vu, 1882, p. 618.
du 1er septembre1; ses notables continueront de mettre en préfixe à leur nom le titre de kyrios-. Mais Bari n'avait jamais été une métropole de l'Église grecque3 et la langue latine y était restée usuelle parmi les ecclésiastiques, comme dans le peuple. De même la Terre de Bari ne fut point servilement soumise à l'influence artistique de Byzance. Un demisiècle après l'expulsion des derniers fonctionnaires du basileus, les premières églises apuliennes qui se soient conservés forment déjà, par leur architecture, un groupe indépendant, qui devra être étudié à part.
En parcourant les anciennes régions de langue grecque, on trouvera disséminés, en Terre d'Otrante, en Basilicatc et en Calabre, quelques édifices du xn" et du xme siècle, qui n'ont point d'analogues sur le continent italien et que l'on dirait transplantés des rivages opposés de la mer Ionienne. Ce sont des églises fort petites et, pour la plupart, en misérable état. Les unes s'élèvent dans des villes ou des bourgades peu visitées; les autres, perdues sur une montagne ou dans un vallon, sont le seul reste d'un monastère éteint
La plus connue et la plus étonnante de ces chapelles grecques exilées en Italie est l'ancienne église paroissiale, le Ka8o),ueèv de Stilo, en Calabre '*. Les gens du pays lui ont gardé son nom grec, et l'appellent encore la Cattolica. Quand on a un