‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 74 sur 433 · Cf. Racioi'I'i, ta Lucania, Home, 1886, II, ch. icr · texte numérisé non relu

Cf. Racioi'I'i, ta Lucania, Home, 1886, II, ch. icr

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isolées dans le mai|uis, ont seules repris les noms éteints de Métaponte et de Sibaris, n'a pas cessé de raconter, plus clairement que les chroniques byzantines, la seconde «hellénisation » de l'Italie méridionale.

Les groupes de population grecque qui avaient végété dans les montagnes de Calabre, depuis le temps de Justinien, Eurenl renforcés, au ise et au x" siècle, par des colonies de laïcs et de moines qui peuplèrent la Terre d'Otrante et pénétrèrent jusqu'au aord de la Basilicate. Plus encore que les convois d'émigrants envoyés de Grèce par Basile 1" el par Nicéphore Phocas ou chassés de Sicile par les musulmans, l'organisation religieuse imposée par les empereurs d'Orient aux provinces reconquises contribua à implanter dans l'Italie byzantine la langue et les coutumes grecques. La reconstruction des villes ruinées par les Sarrasins fut suivie, à la lin du Xe siècle, par la fondation de deux nouveaux sièges métropolitains dans le thème de Longobardie. Ta renie et Brindisi reçurent de Constantinople leurs premiers archevêques. En même temps, l'autorité du métropolite d'Otrante, qui avait été longtemps réduite à l'extrémité de la presqu'île Salon line, fut étendue en Basilicate sur les évèchés de Matera, d'Acerenza et de Gravina'. Hors des villes et jusque dans les lieux les plus agrestes, des communautés de moines basiliens fondèrent quantité de monastères et d'ermitages. Les campagnes elles-mêmes furent ainsi gagnées au rite grec et à la langue grecque.

La conquête normande ramena les diocèses de l'Italie du Sud à l'obédience de Home, et peu à peu les évêques grecs firent place à des prélats latins. Pourtant, même après la consommation du schisme de Michel Cérulaire, la plupart des monastères basiliens déjà fondés survécurent, les uns libres et dominant les alentours en suzerains, d'autres, vassaux de quelque grande abbaye bénédictine, comme la Gava ; en même temps, de nouveaux monastères grecs se fondèrent, grâce aux donations princières2. Autour des communautés étrangères toujours florissantes, la langue grecque continua d'être, dans beaucoup de districts, la langue officielle des actes publics. Sous l'empereur Henri VI, en 1196, le notaire de la ville d'Acerenza, au cœur de la Basilicate, rédige et signe en grec3. Ce que les Normands avaient respecté des fondations religieuses laissées par la domination byzantine se maintint, semble-t-il, jusqu'à l'avènement de la dynastie angevine. Les princes français se firent les alliés de l'autorité pontificale, de l'ordre bénédictin et des nouveaux ordres latins, dominicain et franciscain, contre le clergé schismatique. Mais, après la lutte décisive qui, pendant le xiv" siècle, fut livrée, en Italie, au rite grec et aux fidèles de l'antique discipline basilienne, la langue grecque survécut, dans le peuple de la Calabre et de la Terre d'Otrante, au culte qui l'avait propagée.

A côté de la langue écrite et parlée, quelle fut, dans les provinces hellénisées de l'Italie

1. Voir le texte souvent cité de Luitprand (Muratori, R. I. S., Il, 1, p. 488).

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