Voir la coupe dans Schulz, Atlas, pl. LXXXVUI
Jl existe en Galabre une seconde chapelle à cinq coupoles, San Marco de Rossano, qui a exactement le mènte plan 1 et à peu près les mêmes dimensions que la Cattolica, de Stilo2. Dans la petite église de Rossano, le système des voûtes repose, non point sur des colonnes provenant d'une ruine romaine, mais sur des piliers carrés; de plus, les quatre coupoles des angles, au lieu d'être surélevées sur des tambours, forment au-dessus du toit blanchi à la chaux des boursouflures à peine distinctes. A en juger par ce
Fli.. 37. — LA "CATTOLICA» DE STILO, EN CALAMlE.
dernier détail, San Marco de Rossano représente un type d'édifice grec à coupoles antérieur au type représenté par la Cattolica de Stilo \ Quant à cette dernière chapelle, avec
1. Le plan est publié par M. Diehl [l'Art byz. dans l'Italie mérid., p. 190%
2. A Mossauo, le carré du plan, mesuré à l'intérieur de l'église, a 6m,75 de côté; à SUIo, il a 6 mètres.
3. Diehl, /'.AH byz. dans l'Italie mérid. , p. 103. Dans les églises orientales à coupoles multiples on peut distinguer trois groupes, dont la succession logique coïncide probablement avec l'ordre chronologique :
1° Le premier groupe comprend des églises du vr siècle, dontseule la coupole centrale est surélevée sur un tambour trapu. La saillie des coupoles secondaires varie suivant les édilices. A Saint-Nicolas de Myra (Texieb et Pullan, fArchit. byz.j pl. LVIII), les quatre coupoles des angles ne s'élèvent pas au-dessus des berceaux. Cachées sous la toiture, elles laissent à l'édifice l'aspect extérieur d'une église à une coupole, et n'ont pas d'autre rôle que de couvrir un espace carré, comme ferait une voûte d'arêtes, tandis que les berceaux couvrent un espace rectangulaire. Sur l'église des Saints-Apotres, rebâtie à Constantinople par Juslinien, les quatre coupoles secondaires Taisaient saillie au-dessus de la toiture, mais elles reposaient directement sur leurs pendentifs et restaient beaucoup plus basses que la coupole centrale. Ce dernier type d'édifice, dont on peut se faire une image précise, d'après plusieurs des églises figurées dans le Mcnologc de lîasile 11, fut reproduit à Saint-Marc de Venise.
2° D'aulres édifices, construits sur le modèle archaïque de Saint-Nicolas de Myra ou même de Sainte-Sophie, eurent, en dehors du vaisseau des nefs, deux, trois ou quatre coupoles, élevées sur le narlhex. C'est le cas d'une église de Constantinople, la Theotokos, construite au temps de Léon le PJiilosopbe (vers 900), et complétée, au temps de l'impératrice Théodora (vers 11815), par l'addition d'un narthex surmonté de trois hautes coupoles. Vu du côté du narthex, l'édifice a la
son capricieux appareil de briques, ses épais joints de mortier et la baie tréflée qui est percée au-dessus de sa porte, elle rappelle de la manière la plus évidente les églises bâties, au xivp siècle, à Mistra, près de Sparte'.
Une petite église d'Otranle, San Pietro, a le même plan carré que les chapelles à cinq coupoles de Stilo et de Rossano ; seulement les coupoles des angles y sont remplacées par quatre berceaux, dont l'axe est parallèle à celui de la nef. C'est la disposition de Saint-Eugène de Trébizonde- et de plusieurs chapelles de l'Athos, comme Saint-Nicolas de Lavra3.
Les piliers ronds sont très bas et les chapiteaux, ornés de feuillages travaillés au ciseau et au trépan, sont très massifs. L'intérêt de ce curieux édifice est moins dans son architecture que dans sa décoration.
Tandis que San Marco de Rossano et la Catlolica de Slilo ne conservent
silhouette d'une église île même type que la Catlolica de Slilo ; vu de l'abside, il paraît n'avoir qu'une coupole centrale; vu à l'intérieur, c'est une église à quatre coupoles basses, du type de Saint-Nicolas de Myra [Cf. Salzen- BF.no, Chrîstl. Baudcnkmulcr Constantinopels, pl. XXXIV, XXXV.fig.l; XXXVI, lig. 1 ; — Essenwein, die Bauslilc (Dobïe, Handbuch der Arehilektur, 2« partie), II, 1886, p. 154, n. 125; — Bayet, l'Art byzantin (Dibl. de VEnseig. des Beaux-Arts), p. 137-138, flg. 39 et 40]. De même l'église des Saints-Apôtres, à Thessalonique, est un étroit édifice à coupole unique, entouré, sur trois de ses faces, d'un narthex continu, aux angles duquel s'élèvent quatre coupoles. De quelque côté qu'on l'aborde, celte église donne l'illusion d'un édifice dont les trois nefs seraient surmontées de cinq coupoles sur tambour (Texieb et Pixlan, l'Anhit. byz., pl. XLV-XLVII).
3° I.e type des églises à cinq coupoles sur tambour, qui devint populaire en Grèce et qui donna en Italie la Catlolica de Stilo, fut constitué lorsque les coupoles hautes du narthex prirent, sur la toiture de l'église même, la place des coupoles basses qu'on voyait encore sur les nefs latérales de la Theotokos. I.a transformation est accomplie au xi« siècle, peut-être plus lot. A Sainte-Sophie de Kiev la coupole centrale est flanquée de quatre coupoles sur tambour octogonal, dont deux s'élèvent au-dessus delà prothesis et du diakonicon. Mais, s'il est certain que, dès le xi= siècle, on ail élevé en Orient des églises à coupoles multiples sur tambour, rien ne prouve que dans ce siècle et dans le siècle suivant on n'ait pas continué d'élever des églises à coupoles basses. La petite église de Rossano est antérieure à celle de Stilo ; on ne saurait lui assigner une date entre le xi" et le ira" siècle.