‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 81 sur 433 · Coucuald, Choix d'cgliscs byz., pl. IV · texte numérisé non relu

Coucuald, Choix d'cgliscs byz., pl. IV

s'élèvent jusqu'à la naissance du berceau central. Le tambour cylindrique de la coupole es! posé sur quatre trompes d'angle. Bien que les berceaux de la nef et du sanctuaire soient en plein cintre, les quatre arcades qui terminent ces berceaux, au point où ils s'interrompent pour laisser place à la coupole, sont en tiers-point. Le constructeur a t'ait saillir légèrement les claveaux des pierres de tuf très irrégulières, maintenues par un ciment compact, et a fait gauchir les courbes, de manière à figurer un arc brisé. Sans doute voulait-il donner plus de résistance aux segments des voûtes sur lesquels portait le poids du tambour.

A l'extérieur, le tambour de la coupole et l'abside sont décorés d'arcatures d'un faible relief. A l'intérieur, tout l'édifice, piliers, voûtes, coupoles, a été revêtu de peintures, dont il reste des fragments remarquables.

Dans la conque de l'abside on distingue, sur un fond vert, les traces de trois grandes ligures qui formaient le groupe bien connu dans l'iconographie byzantine sous le nom de la Prière (is'ô<n;) : La Mère de Dieu et le Précurseur, debout à la droite et à la gauche du Christ, assis sur son trône, s'inclinent devant lui. Le Christ tient un livre sur lequel on lit l'inscription suivante : EAOQH moi nASL Dans une deuxième zone étaient représentées côteà côte deux scènes évangéliques, qui prennent place de même dans le sanctuaire de quelques églises byzantines : la communion du Pain, y.szioom, et la communion du Vin, [ariî.i..ii; '. De la première scène, il ne reste plus que les pieds nus des Apôtres alignés et le bas de leurs draperies à l'antique, La communion du Vin est assez bien conservée : les Apôtres s'avancent en lile vers le milieu de l'abside, inclinés et les mains levées, avec le geste de l'adoration. Le Christ, portant le nimbe crucigère. présente à l'un d'eux une tasse, sur laquelle sont, écrits quatre caractères illisibles. Derrière lui, un édicule et. une laide au-dessus de laquelle se montre un ange, qui assiste à la cérémonie-'. Les compositions sont identiques aux représentations de la Cène, telles qu'on les trouve dans des églises du xie siècle, comme Sainte-Sophie n et Saint-Michel de Kiev. Si d'ailleurs on remarque qui' les deux fenêtres superposées qui ont été ouvertes l'une après l'autre dans l'abside s'écartent très fortement de l'axe de l'édifice, on sera amené à supposer que l'abside, avec la couche la plus ancienne des peintures, soit antérieure à l'église actuelle.

Une seconde couche d'enduit a été étendue sur la zone inférieure de l'abside, et a masqué l'une des fenêtres. Sur cette seconde couche étaient représentées deux files de saints évêques, composées chacune de quatre personnages. Les saints tiennent de longs cartels, sur lesquels sont écrits en grec des versets de psaumes, à la louange du Tout-Puis-

1. Brockhaus, nie Kunst in rien Athos-Klûster» , p. 63. Dans les églises de l'Athos l'image glorieuse qui règne, au fond du Ml", au-dessus de la double communion des Apôtres, est la Vierge et non le Christ, comme dans 1 église dumontRaparo.

2. Epptvcb rav Çmïp<£Tmv, S 312, p. 15?. On lit. au-dessous de la communion du Vin, un reste d'inscription • KAI IIACA..,

3. Suinte-Sophie de Kiev (en russe), album publié par la Société Imp. russe d'Arcb., Saint-Pétersbourg, in-f». PI. 5 : ensemble des deux scènes et groupes des Apôtr es.

sant1, La plupart d'entre eux portent des chapes couvertes de croix noires; tous ont Vhomophorion [fig. 41). Leur type ascétique, leurs visages olivâtres, très fortement accentués par des traits noirs, contrastent avec les deux scènes de la zone supérieure. Ces vieillards représentent le style des écoles monastiques du xive et du xv" siècle, ce qu'on peut appeler le style de l'Athos.

Des peintures toutes semblables à celles qui forment la seconde couche de la décoration de l'abside couvraient autrefois l'église entière, depuis la base des piliers jusqu'au somme! de la coupole. L'enduit esl tombé, par plaques entières. A peine peut-on

reconnaître, sur le berceau de la nef, des scènes delà (îenèse, où interviennent le Créateur, avec le nimbe crucigère du Christ, et les deux figures nues des premiers parents. D'autres images pourraient encore être dégagées de la chaux dont on les a recouvertes, il y a cinquante ans. Mais, avant que la restauration de l'église de Sant' Angelo ait été entreprise, il est à craindre que les voûtes, lézardées par vingt tremblements de terre, ne se soient écroulées, laissant une ruine informe à la place où deux ou trois curieux auront visité, dans la région la plus inaccessible de la Basilicate, une des œuvres les plus bizarres des moines grecs d'Italie.

Une seconde chapelle byzantine à une nef unique, surmontée d'une coupole, se trouve en Calabre : c'est la petite église de Santa Filumena3, élevée sur le flanc du rocher,

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