‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 91 sur 433 · ld., p · texte numérisé non relu

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6. La Présentation au Temple de la grotte do San Cassone occupe l'une des absides, au-dessus d'un autel. On y voit les cinq personnages traditionnels, la Vierge, le vieillard Siméon tenant l'Enfant, saint Joseph portant les deux colombes, et la prophéfesse Anne, derrière laquelle est placé un cartel, avec cette inscription: TV BPE*OÏ PNV KEAH. Les deux derniers mots peuvent passer pour une transcription grecque des mots latins regnum celi (cœli). La légende parait écrite en une sorte de patois bilingue, et rappelle le sens des paroles que le Guide de l'Athos écrit sur le cartel de la prophétesse Anne : « Toùto -o [ip^o; -<» ojpavov /.al t^v kZ^o-j^f^i » ('Ep[u]Vtfa, p. 113, § 10*)-

de la Présentation au Temple, aussi tristes de couleur et- aussi conformes à l'iconographie byzantine que celle qui est peinte dans la grotte de San Biagio, près Brindisi.

Ainsi les peintures des grottes basiliennes, du x" siècle à la fin du xn", passent devant nous comme un défilé de figures jeunes ou ascétiques, dont beaucoup ont une sérénité et une noblesse antiques, mais qui laissent aux parois rugueuses des grottes une traînée de leintes noirâtres, brunâtres ou jaunâtres, sans une touche (for ou un rehaut de couleur vive. Le contraste est frappant entre la sévérité de cet art monastique et la magnificence impériale des mosaïques commandées en Sicile par des princes, qui, à l'exemple du basileus, portaient dans les cérémonies la stola et le labarum.

A côté des fresques byzantines qui ont été exécutées dans les chapelles souterraines, quelques peintures, conservées dans des églises de l'Apulie et de la Basilicate, peuvent être datées approximativement, d'après l'architecture même des édifices dont elles font partie intégrante, et d'après d'autres indices.

On n'a point retrouvé, dans la restauration récente de l'église abbatiale de Xardô (près de Gallipoli), devenue, au xvc siècle, la cathédrale d'un nouvel évèché1, la Vierge qui y fut peinte en 1249, sous Frédéric II, par un artiste nommé Bajulardus ;. Le grand Christ, assis et bénissant3, qui a été détaché d'une paroi de l'église et transporté dans la sacristie, est certainement postérieur au tremblement de terre qui, en 12is. ruina la plus grande partie de l'édifice. Le teint du visage est jaune; la fermeté du dessin et le ton brunâtre de l'image rappellent encore les fresques monochromes du xi1' et du xn1' siècle.

Non loin de Nardô, la petite église Santo Stefano, à Soleto, est toute tapissée de fresques dont plusieurs ne sont pas antérieures au xvr siècle et dont quelques-unes sont datées de l'an 1347 par une inscription grecque. L'enduit sur lequel ont été peintes

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