XLII. Le feu comme la lumière, étant un élément de gaîté
ET, DE PLUS, UNE CAUSE DE RAPPROCHEMENT, UNE OCCASION DE SOCIABILITÉ, LA CHEMINÉE DOIT PRÉOCCUPER LE DÉCORATEUR, ET LE CHOIX DE SON EMPLACEMENT NE DOIT POINT ÊTRE ABANDONNÉ AU
hasard. — Ce n'est pas sans de fortes raisons que le mot foyer est devenu, chez presque tous les peuples du nord, le synonyme de l'habitation tout entière : « Un bon feu, des livres, des plumes, que de ressources contre l'ennui, et quel plaisir encore d'oublier ses livres, ses plumes, pour tisonner son feu, en se livrant à quelque douce méditation». Ainsi s'exprime X. de Maistre '. «On doit être moins malheureux à la Bastille l'hiver que l'été, avait écrit longtemps avant lui Mercier2, puisque l'on y a, diton, une cheminée ; car l'on tisonne.... les pensées riantes sont au bout des pincettes ». Voilà pour la cheminée solitaire et les consolations qu'elle prodigue. Celle du salon, qui sert de point de ralliement à dix personnes aimablement groupées en cercle autour d'elle, n'a pas moins d'importance. Nous voudrions contester cette vérité, que les personnages illustres, dont les noms sont liés à l'histoire de la cheminée, sortiraient de leur tombeau pour protester avec énergie. Depuis Raphaël qui, aux derniers jours de sa vie, se donna beaucoup de mal pour empêcher les cheminées du duc d'Esté de fumer 3, jusqu'à Franklin, dont le nom devait servir à baptiser un genre spécial de cheminées +, combien de grands hommes n'ont pas craint, de faire du foyer, l'objet de leurs méditations et de leurs études spéciales.
C'est que la distribution de la chaleur dans l'habitation est une source de bien être exceptionnel, que nos ancêtres ont pressentie et longtemps cherchée, sans pouvoir la découvrir. Nous n'avons pas idée, en effet, des souffrances terribles aux-