‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 107 sur 155 · XL. Dans toutes les décorations murales, au surplus, il est · texte numérisé non relu

XL. Dans toutes les décorations murales, au surplus, il est

TOUJOURS MALSÉANT DE SIMULER DES VIDES, OÙ LES NÉCESSITÉS DE L'ARCHITECTURE ONT OBLIGÉ LE CONSTRUCTEUR A MÉNAGER DES PLEINS. Il EST AUSSI MALADROIT DE SIMULER, PAR DES JEUX DE LUMIÈRE OU PAR DES EFFETS DE PERSPECTIVE, DES RELIEFS PLUS OU MOINS ACCENTUÉS, AUX ENDROITS OÙ LE MUR DOIT RESTER

plan. — « L'ameublement se lie de trop près à la décoration des intérieurs, écrivent, avec beaucoup de raison, deux décorateurs justement estimés ', pour que l'architecte puisse y rester indifférent.... Des glaces indiscrètement posées, des tapisseries maladroitement attachées, produiront des vides où il faudrait des pleins et des pleins où il faudrait des vides. La construction est, dans les édifices, ce que l'ossature est dans le corps humain, on

i. Pereier et Fontaine [loc. cit.).

doit l'embellir sans la masquer entièrement. La construction et la décoration sont dans un rapport intime, et si elles cessent de le paraître il y a un vice dans l'ensemble ». Il est difficile de mieux dire. Mais ce que Percier et Fontaine auraient pu ajouter encore, c'est que s'il est maladroit de simuler des vides et des creux, dans les endroits où les exigences de la construction les interdisent, il est au moins aussi incorrect de simuler des reliefs à l'endroit où le mur doit rester plan.

Souvent, à l'aide de jeux de lumière plus ou moins heureusement combinés, de marqueteries disposées avec plus ou moins de goût, de bas reliefs ou même de bossages simulés, le décorateur s'efforce de mouvementer la paroi de son mur. C'est là une erreur contre laquelle il importe de protester. Tout mur plan doit conserver sa forme plane, et ne jamais contrefaire des aspérités, qui seraient non seulement blessantes pour les yeux, mais encore menaceraient de l'être pour le corps, si elles sortaient du domaine des simulations maladroites.

XLI. Dans les pavements, plus encore que dans les revêtements, LES EFFETS DE PERSPECTIVE DOIVENT ÊTRE SÉVÈREMENT

proscrits. Dans les tapis, comme dans les carrelages, toute disposition exprimant une idée de relief, est malseante et doit être évitée avec soin. — Ce que nous venons de dire, touchant les revêtements des murailles, s'applique, on le conçoit, avec encore plus de raison, aux pavements qui recouvrent le sol. Il est clair, en effet, que si la figuration de reliefs est déjà inconvenante sur la paroi d'un mur dont nous pouvons nous tenir à distance, la présence de ces mêmes reliefs sous nos pieds est encore moins excusable. On fera donc bien, non seulement de s'abstenir de donner aux pavements quelqu'une de ces dispositions en apparence mouvementées, qui sont toujours déplaisantes, mais même d'exiger que les tapis de haute laine, qui recouvrent le sol, figurent exclusivement des dessins plans et jamais des reliefs. Le goût trouve une légitime satisfaction dans le respect de cette loi, toute de bon sens; en outre, les combinaisons et les colorations, exprimant une décoration

plane, permettent plus de discrétion dans l'emploi des couleurs, et conservent mieux au tapis son caractère de base décorative.

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