‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 118 sur 155 · L'INSTALLATION · texte numérisé non relu

L'INSTALLATION

aintenant que nous voilà en possession d'une éducation générale, assez complète pour nous permettre de décorer un appartement et d'agencer un ameublement, sans crainte de commettre de trop grosses hérésies, il semble que nous ne puissions faire un meilleur emploi de notre science fraîchement acquise, qu'en appliquant, aux diverses pièces, qui composent une habitation, l'ensemble de nos connaissances nouvelles.

Mais, dans cette application intelligente de notre savoir, il nous faut encore, pour ne pas nous embrouiller, procéder avec ordre et avec méthode. C'est pourquoi nous partagerons, tout d'abord, notre logis en quatre divisions distinctes, ayant chacune une destination particulière, et devant, par suite, revêtir un caractère spécial.

Ces quatre divisions de l'habitation sont :

i° Les accès. Nous désignerons sous ce nom, la fraction de notre demeure, qui sert, en quelque sorte, de préambule à l'habitation proprement dite, préambule quasiment banal, qu'il nous est à peu près impossible d'interdire au public. — Tels sont, le vestibule, l'escalier, les antichambres, toutes les pièces, en un mot, qui donnent accès aux appartements proprement dits.

2° Les appartements de réception. C'est-à-dire l'ensemble de pièces où nos amis, nos parents, nos invités sont accueillis et reçus par nous, et pour l'ameublement desquelles nous devons, par conséquent, tenir compte, dans une mesure assez large, des habitudes de notre temps, des usages de notre monde, des goûts et des convenances d'autrui. — Tels sont le grand et le petit salon, la salle à manger, etc.

3° Les appartements d'habitation. Ceux-là sont réservés plus spécialement pour l'existence de famille, pour la vie intime. Relevant uniquement de nos préférences et de nos besoins, ils doivent porter l'empreinte directe de notre personne. Cette troisième division comprendra la chambre à coucher, le boudoir, la salle de bain, le cabinet de toilette, la bibliothèque, le cabinet de travail, etc.

4° Enfin les pièces accessoires, qui sont celles dont la nécessité n'est pas absolument démontrée, dont un logis peut se passer sans, pour cela, être traité d'incomplet, et dans lesquelles notre fantaisie a le droit de s'accorder les plus libres allures.

Ainsi distribuées, les diverses pièces qui composent la demeure d'un français du xixe siècle, vont s'offrir à nous, dans un ordre logique, et, sans crainte de nous égarer ou de nous fourvoyer, nous allons pouvoir étudier à loisir l'agencement, la disposition, la décoration et l'ameublement qui conviennent à chacune d'elles.

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