‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 16 sur 155 · Sous le nom de « listel Lambert · texte numérisé non relu

Sous le nom de « listel Lambert

2. Voir dans la Correspondance de {Madame, la description de sa collection.

3. M. de Tallard est peut-être le seul exemple d'un amateur assez passionné de peinture, pour avoir acheté des tableaux en viager et qui devaient être restitués après sa mort. « Il avoit

Fig. 12. Fac-similé d'une gravure exécutée d'après Gay par Mme de Pompadour.

Au dix-huitième siècle le nombre des amateurs est encore plus grand et leur qualité n'est pas moindre. Pierre Crozat, Antoine de Laroque, Jean de Jullienne, le comte de Lassay, le prince de Gonti, Crozat, baron de Thiers, le duc de Lavallière, le marquis de Menars, le duc d'Antin, le duc de Choiseul, Pierre Jean Mariette, Blondel de Gaigny, Randon de Boisset, de La Live de Jully et Quentin de Lorangère tiennent le premier rang avec la belle et galante comtesse de Verue.

Cette dame de volupté, Qui, pour plus de sûreté, Fit son paradis en ce monde.

Après cela, venaient encore le comte de Guiche, le député Pasquier, le comte de Vence, MM. de Pontchartrain, de Fonspertuis, Gaillard de Gaigny, l'abbé Terray, Poullain, Nogaret, le duc de Grammont, Mme Geoffrin, Thélusson, Grimod de la Reynière, le comte de Vaudreuil, le duc d'Orléans, Blondel d'Azincourt, le duc de Choiseul Praslin, etc.

Ajoutez, que presque.tous les grands artistes de ces deux siècles inventifs étaient, eux aussi, des collectionneurs de goût et des amateurs de premier mérite. Le Nôtre aimait à la folie les médailles, et les connaissait si bien que le roi le consultait souvent ; il avait en outre de fort beaux tableaux Charles André Boule, le grand ébéniste, était amateur d'estampes et de dessins au point d'en perdre, comme on dit vulgairement « le boire et le manger » .

« Cet homme, écrit Mariette 2, qui a travaillé prodigieusement et, pendant le cours d'une longue vie, qui a servi des rois et des hommes riches, est pourtant mort mal dans ses affaires. C'est qu'on ne faisoit aucune vente d'estampes ou de dessins, etc., où il ne fut, et où il n'achetât souvent sans avoir de quoi payer ; il falloit emprunter presque toujours à gros intérêts. Une vente

un mobilier considérable, dit le duc de Luynes, il aimoit les tableaux, les livres, les estampes, il avoit plusieurs tableaux qu'il avoit achetés à vie ». Mémoires, tome XIV, page 259.

1. Voir Félibien, Entretiens sur les vies et ouvrages des principaux peintres, tome III, page 491 , tome IV, page 151.

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