Histoire des plus célèbres amateurs, tome III, page
7. Lettre de Cassas à M. Desfriches, Ibid., III, page 229. S. Ibid., III, page 256.
officier amateur plein de goût et de talents » dessina le portrait de Voltaire à Ferney, et le grava à l'eau forte1. Ce fut le chevalier de Chaumont, architecte improvisé, qui donna les plans du théâtre de Versailles 2, et le chevalier de Lorge exécuta le portrait de Marie-Antoinette, en Diane chasseresse, avec assez de talent pour obtenir les suffrages de toute la Cour 3.
D'autres, le marquis d'Argens, le président de Brosses, Dezallier d'Argenville, le marquis de Choiseul4 se sont montrés critiques d'art achevés, dans un temps où la critique d'art existait à peine. Nous les laisserons de côté cependant, car il nous tarde d'arriver aux femmes, à ces nobles et intelligentes femmes du xvne et du xvme siècle, qui exercèrent une influence si considérable sur la société française et sur l'art Européen.
Comme tous les hommes illustres d'alors, elles se piquaient également de la pratique des beaux arts. Ainsi Mme de Rambouillet fut, elle-même, l'architecte de son fameux hôtel 5, et quand on croyait cet hôtel achevé, aussi ingénieuse et discrète qu'habile à ménager des surprises, «elle fit bâtir, peindre et meubler un grand cabinet, sans que personne de cette foule de gens qui alloient chez elle s'en fut aperçu » 6. Mme de Montespan, elle aussi, dirigeait en personne ses maçons et ses charpentiers 7, et Mme de Sévigné écrivait, aux Rochers, cette phrase devenue invraisemblable : «J'ai dix ouvriers qui me divertissent fort » 8. Quant à Mme de Schomberg, l'aimable auteur d'un livre qu'on ne saurait assez louer?, elle transforma Liancourt, et en fit l'une des plus belles résidences de France I0. Ainsi s'explique l'em-
i. Bachaumont, Mémoires secrets, tome III, page 72. j. (Ibid.), tome IV, page 57.