‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 54 sur 155 · De Luynes, Mémoires, tome VII, page · texte numérisé non relu

De Luynes, Mémoires, tome VII, page

3. Tallemant cite nombre de particuliers et notamment le receveur Bétaud a qui avoit une tapisserie de deux mille livres à vendre, parce qu'elle étoit trop haute pour sa maison ». (Voir Tallemant des Réau.v, Historiettes, tome VI, page 40.) Aujourd'hui on couperait cette tapisserie et on la réduirait à la taille de l'appartement.

4. Lacordaire, Notice historique sur les manu factures impériales Je la pisseries des Gobelins, page 16, Paris 1855.

roi 8,860 livres. En 1 538, il achetait, à un autre marchand de la ville d'Anvers, une « histoire de Josué » d'après les cartons de Raphaël, au prix de 15,440 livres tournois, et, à la même époque, faisait exécuter à Bruxelles neuf autres tentures d'une valeur aussi considérable '. Ces prix, au reste, ne sont pas pour nous surprendre. En fouillant les anciens mémoires, nous rencontrons la mention d'une foule de simples particuliers, qui possédaient des tapisseries aussi coûteuses. Ici, c'est le receveur Bétaud qui a une tapisserie de dix mille livres2; là, Mme de Moncy qui donne à son frère « une belle tapisserie de la Décollation de saint Jean qui vaut deux mille pistoles » 3. En 1755, Mme de Mazarin n'hésitait pas à léguer, à la princesse deRohan la jeune, « trois beaux morceaux de tapisserie provenant du cardinal de Mazarin »4. Enfin, n'oublions pas que la fondation des Gobelins compte, encore de nos jours, parmi les plus beaux titres de gloire de Louis XIV.

Si nous avons rappelé ces antécédents magnifiques, c'est pour bien établir de quel respect est digne ce bel art, devenu en quelque sorte un art national.

On compte deux sortes de tapisserie : La tapisserie au point ou à l'aiguille et la tapisserie au métier. Quoique les procédés de fabrication de ces deux genres de tapisserie n'offrent, entre eux, que des rapports très lointains, on les comprend cependant sous une seule et même désignation, parce que, dans l'un comme dans l'autre genre, les figures ou les ornements font partie intégrante du tissu, et ne sont pas, comme dans les étoffes brodées ou brochées, superposées à un tissu déjà existant. En outre, ce qui distingue la tapisserie des étoffes tissées, c'est qu'elle cons-

1. Un 0 Rolle signé de la main du Roy à Paris, ce xvij» jour de janvier 1533 » et conservé aux Archives nationales, nous apprend que c'est Francisque Boulongne qui était chargé de ces négociations.

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