‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 6 sur 155 · Voir Denvenuto Cellini, etc. (ibid.), page · texte numérisé non relu

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môme d'entre eux étaient pourvus de fonctions officielles, à l'exemple des Beaubrun, qui furent, de père en fils « valets de la garde-robe ». Pour les autres, quoique chez le roi, ils étaient bien chez eux. La plus grande liberté leur était laissée, parfois ils y établissaient leurs ateliers, parfois leurs magasins, et attestaient leur prise de possession par des familiarités d'un goût plus qu'équivoque. Tallemant, parlant de Du Moustier1 «logé aux galeries du Louvre comme un célèbre artisan », raconte que « son cabinet étoit curieux, qu'il y avoit sur l'escalier une grande paire de cornes et au bas : « Regardez les vôtres », et au bas de sa bibliothèque : « Le diable emporte les emprunteurs de livres ».

Ajoutez encore, que ce privilège d'appartenir au roi dispensait peintres, sculpteurs, orfèvres, tapissiers, de toutes les entraves inventées par les corporations, et les émancipait de l'étroite surveillance des jurés et syndics.

Ces hautes prérogatives, les artistes français les conservèrent pendant près de deux siècles, c'est-à-dire presque jusqu'à la fin de la monarchie. Un certain nombre d'entre eux abandonnèrent le Louvre, il est vrai, lorsque Colbert transporta aux Gobelins la Manufacture des meubles du roi; mais Petitot y demeura jusqu'à la Révocation de l'Édit de Nantes; Boule, l'illustre ébéniste, y mourut en 17322, Coustou, le célèbre sculpteur, en 17463. Ce fut seulement en 176g, lorsqu'on agita la question de reconstruire le vieux séjour royal et de le transformer en Muséum ou Palais des Arts, que l'on songea à déposséder les artistes de leurs logements. On les invita même à se pourvoir ailleurs4, mais il ne fut pas donné suite à cette invitation, car nous voyons encore, en 1780, Caffieri exposer, dans son atelier du Louvre, la statue de saint Satyre qu'il venait d'achever pour l'église des Invalides5. Disons encore que, pendant toute sa durée, ce privi-

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