‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 63 sur 155 · On en fabrique qui comptent jusqu'à quatorze couleurs · texte numérisé non relu

On en fabrique qui comptent jusqu'à quatorze couleurs

Louis XIV, avaient « un cabinet tout tapissé par haut et bas de moquette ». C'était là, ajoute Tallemant des Réaux, à qui nous devons ce détail, que «la haute société faisait ses conversations » '. De nos jours, on a essayé de ressusciter cet emploi et l'on a produit, dans ce but, des spécimens d'une réelle beauté et d'un magnifique aspect. Mais le public, prévenu ou inattentif à ces essais, ne les a point encouragés, et cette tentative fort intéressante n'a pas eu les suites qu'on aurait pu en attendre 2. Le fait est d'autant moins explicable, qu'à trois pas, ces belles moquettes simulent, à s'y méprendre, la plus riche et la plus somptueuse tapisserie.

Le Velours, dont le nom vient, au dire des étymologistes, du mot velu, est une étoffe tissée sur métier. Elle est composée de deux chaînes. L'une de ces chaînes, appelée chaîne de pièce, forme le bâti ou corps de l'étoffe; l'autre, nommée poil, sert à lier le velouté avec la trame. On fabrique des velours d'ameublement en soie, en laine, en jute, en coton, ou en poil de chèvre. Cette dernière sorte, qui se confectionnait jadis à Utrecht, a conservé le nom de sa ville d'origine, de là son nom de velours d'Utrecht3. On donne aussi parfois aux velours de laine les noms de pannes et de tripes.

Le velours est l'un des plus anciens tissus qu'on ait fabriqués spécialement en vue de l'ameublement. « Belle, bonne, solide et honorable étoffe » comme le qualifiait une femme d'infiniment d'esprit4, le velours a toujours joui d'une estime particulière. Dans les palais royaux, il a constamment eu sa place marquée autour du trône, en contact direct avec la personne du

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