‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 72 sur 155 · Représentée pour la première fois à Paris, en · texte numérisé non relu

Représentée pour la première fois à Paris, en

étude, quelque rapide qu'elle puisse être, nous entraînerait trop loin. Au reste, cette fabrication très compliquée échappe au contrôle immédiat de l'acheteur. Si parfois, il nous est permis de commander à un fabricant un revêtement pour une pièce spéciale de notre logis, ou quelque vase dont la forme doit s'accommoder avec une destination précise, encore, pour les ouvrages qui sortent du courant, les surprises de la fabrication sont-elles assez grandes, pour que, le plus souvent, il faille s'accommoder des pièces fabriquées, et, en tout cas, ne jamais s'attendre à pouvoir exiger, en céramique, exactement la teinte et la forme qu'on désire.

Nous nous bornerons donc à passer en revue les diverses applications que comporte l'« Art de terre », comme on l'appelait jadis, en indiquant rapidement quelles sortes peuvent s'adapter plus spécialement à chacun de ses emplois, et en présentant quelques observations sur la façon, dont ces sortes doivent être mises en place ou en œuvre.

Pavements. Les pavements en céramique conviennent particulièrement pour les pièces d'une médiocre étendue. Leurs dessins plus ou moins compliqués, étant choisis soigneusement et de façon à s'harmoniser avec les dimensions du vestibule ou du couloir à paver, avec son caractère et sa destination, peuvent constituer une base intéressante de décoration.

Pour les grandes pièces, pour les vestibules très vastes, et qui trouvent dans leurs dimensions un de leurs éléments de beauté — leur étendue réclamant un pavement d'une relative simplicité — les dalles de marbre ou de pierre, alternées noir et blanc, ont généralement plus de caractère. Pour les pièces de médiocre importance, au contraire, un dessin un peu touffu, empêchant que le nombre de dalles employées en largeur ou en longueur ne saute immédiatement aux yeux, est essentiellement préférable.

Toutefois, l'enchevêtrement du dessin n'entraîne pas forcément sa complication comme lignes, ni comme couleurs. Il est même à remarquer, que ce sont souvent les motifs les plus

lisibles et les moins chargés de nuances, qui font le meilleur effet. En outre, à moins que par sa destination même, le couloir, l'antichambre, le vestibule ne soit approprié à un style bien défini, et, en quelque sorte, immuable, il faudra s'efforcer de choisir un pavement, qui ne porte pas l'empreinte trop accentuée d'un pays particulier ou d'une époque spéciale.

De cette façon, on évitera, lorsqu'on voudra changer la décoration de ce couloir, de cette antichambre, de ce vestibule,

Fig. 131. Pavement céramique en camaïeu. Fig. 132. Pavement céramique polychrome.

d'être forcé de renouveler le dallage, opération toujours coûteuse et surtout désagréable. Ces mêmes observations peuvent s'appliquer aux couleurs choisies. Ces couleurs devront être, autant que possible, éteintes, assoupies, et très sobres d'effet, de façon à ne pas s'imposer à l'œil, et à ne pas commander la décoration murale.

Enfin, le bon sens exige que le dessin soit plan, c'est-à-dire qu'il présente une surface unie, et non pas qu'il simule, comme cela arrive quelquefois, des cubes ou des bossages. Rien n'est plus désagréable, en effet, que de poser le pied sur une série d'aspérités apparentes, qui vous blesseraient et risqueraient de vous faire tomber, si elles n'étaient un mensonge malséant et ridicule.

Les espèces céramiques, les plus communément usitées pour les dallages, sont les Grès-cérames et les Ciments recuits.

On devra choisir, parmi les sortes offertes, celle qui présente le plus de cohésion et de dureté. On s'assurera, en outre, que la coloration en est solide, et qu'à l'usage, elle peut résister assez longtemps. Dans le cas où les dessins seraient produits par incrustation, il faudra s'enquérir si les diverses substances céramiques, employées pour ces incrustations, offrent la même résistance. Sans quoi, il serait à redouter que certaines couleurs, s'usant plus vite que le fond, les dalles, situées dans des lieux de grand passage, ne présentassent rapidement des cavités qui pourraient devenir dangereuses.

On aura soin également, que les carrelages employés soient, autant que possible, de petites dimensions. Leur taille réduite accroîtra leur solidité et, en cas

d'accident, les réparations se- ¥Y X ^ ^ 'Z' ™ ront plus faciles. Enfin tous les pavements devront être mats et grenus ; car tout poli qui leur serait donné, tout émail déposé à leur surface, les rendraient, non seulement alarmants à l'œil, mais encore glissants et dangereux.

Page 1