‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 78 sur 155 · Ce nom vient du grec /**ç(jiuiço : je brille · texte numérisé non relu

Ce nom vient du grec /**ç(jiuiço : je brille

Ajoutons encore, que, grâce à la facilité des transports, qui nous permet aujourd'hui d'emprunter des matériaux aux massifs montagneux les plus éloignés, le nombre et la variété des marbres mis à la disposition du constructeur, s'augmentent chaque jour ; pendant que la mécanique, en progressant avec une rapidité jadis inconnue, fait réaliser, dans la main-d'œuvre, des économies, qui permettent d'appliquer ce précieux matériel à une infinité d'usages, pour lesquels il eut été autrefois d'un prix trop élevé. Mais, avant de jeter un coup d'œil sur les différentes opérations par lesquelles passe le marbre, peut-être n'est-il pas inutile d'énumérer les principales sortes, dont l'emploi est le plus généralement usité dans l'habitation.

On divise les marbres en trois grandes classes : La première comprend les marbres unis, qui sont uniformément d'une seule couleur; la seconde, les marbres tachés, tachetés, veinés, jaspés; la troisième, les brèches, sorte de calcaires formés de fragments différemment colorés, de pierrettes, naturellement juxtaposées, collées et cimentées entre elles, et qui constituent ainsi une espèce de mosaïque irrégulière.

Le Marbre monochrome ne se rencontre qu'en blanc et en noir. En blanc, il est particulièrement recherché par les artistes, et, quand il répond aux qualités exigées pour les applications d'un ordre supérieur, il prend le nom de marbre statuaire. Le marbre statuaire est la matière la plus belle, la plus artistique, la plus noble, qu'on ait rencontrée jusqu'à présent, pour exprimer, dans le domaine de la plastique, les harmonies de la forme humaine. On distingue deux sortes de marbre statuaire, l'une est lamellaire, l'autre est saccharoïde. Les marbres les plus estimés chez les Anciens, ceux de Paros, par exemple, appartenaient à la première espèce. Les plus beaux marbres employés par les modernes, ceux de Carrare entre autres, sont saccharoïdes. On nomme marbres antiques, ceux dont les carrières ne sont plus exploitées'.

1. Les principales carrières de la Grèce, étaient celles de Paros, de Naxos, de Tenos, Thasos, Lesbos, Chio, et du mont Pentelès, près d'Athènes, dont le marbre portait le nom de Tentélique.

Le haut prix du marbre statuaire ne permet qu'exceptionnellement son emploi dans l'habitation. Généralement on se sert de sortes moins belles, moins pures, légèrement veinées, mais qui se prêtent encore volontiers aux caprices du sculpteur, et répondent aux efforts de son talent. Toutefois, par la dureté même de la matière, par les surprises qu'elle réserve, par les difficultés que son travail présente, par la patience qu'il nécessite, les objets exécutés dans ce marbre

secondaire, ne laissent pas que d'atteindre, quand ils sont chargés de détails finement exécutés, un prix relativement élevé. Et lorsqu'on veut, parmi les éléments de la décoration, faire figurer la forme humaine, soit en bas-relief, soit en ronde-bosse, on ne doit pas marchander le salaire du sculpteur, car le marbre est non seulement une matière exceptionnellement ingrate, mais c'est encore celle où la médiocrité se supporte le moins.

Les Marbres noirs, eux non plus, ne s'emploient pas d'une façon très courante dans l'habitation. Leur couleur lugubre, l'aspect triste qu'ils présentent, la ressemblance qu'on leur trouve, quand ils sont polis, avec le graphite ou le bois durci,

leur font préférer les marbres mouchetés, jaspés ou veinés, dont l'aspect chatoyant est toujours plus séduisant et plus agréable. Généralement, on les réserve pour les cheminées d'études ou de cabinets, c'est-à-dire pour des pièces austères par destination, et aussi pour les pavements, où on les fait alterner avec des losanges de marbre blanc commun.

Sous le nom de Marbres de couleur ou de décoration, on comprend toutes les sortes qui sont mélangées. Les marbres de décoration sont d'autant plus estimés, qu'ils offrent des couleurs plus vives et une pâte plus homogène'. Voici, du reste, quels sont ceux d'entre ces marbres, qui sont le plus communément usités.

Le grand antique, d'un beau noir, jaspé de blanc, et strié de même couleur.

Le portor, d'un beau noir, veiné de gris et de blanc, et jaspé de jaune orange assez éclatant, — ce qui lui vaut son nom.

Le sainte-anne français, gris noir, jaspé de môme nuance en plus clair. Le sainte-anne belge, de même couleur, mais avec des jaspures blanches plus franches et le fond plus noir.

Le bleu fleuri d'italie, gris bleu, veiné de noir, avec des veines très écrites, et formant une infinité de petites lignes brisées.

Le bleu turquin d'italie, gris bleu, ondé, avec des stries blanches et noires.

Le vert de mer, noir, jaspé de vert foncé et de gris, avec des veines qui ont l'air de petites vagues.

Le vert campan, vert clair, avec des marbrures de vert foncé coupées de traits gris.

Le campan-mélangé, à fond rose, avec de grosses veines rouges, et comme un réseau de petites mailles d'un beau vert tendre.

Le lancquedocque, incarnat, fouetté et jaspé de veines grises et blanches.

1. Quelle que soit l'homogénéité de cette pâte, qui forme un lien naturel entre les diverses fractions colorées, dont se composent la plupart des marbres de décoration, encore, est-il nécessaire, le plus souvent, de la consolider à l'aide d'agrafes et d'un masticage, qui lie davantage entre elles les parties tendres et dures dont est constitué le veinage.

La griotte de flandre, rouge sombre, avec un jaspé gris, très mouvementé de blanc.

La griotte dite d'italie, rouge, avec des marbrures noires, et des petites taches blanches, appelées œils de perdrix.

Le rouge royal, rouge déteint, avec des marbrures grises, noires et violacées.

Le levento, rouge très sombre, légèrement veiné de noir et de blanc.

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