Bachaumont (Ibid.), tome XV, page
lège avait été si hautement considéré, non seulement par les artistes français, mais encore par ceux de l'étranger, que la perspective d'être admis à un logement au Louvre figure parmi les avantages, que Mariette fait miroiter aux yeux d'Alba Carriera, pour attirer à Paris cette pastelliste célèbre
Cette faveur insigne ne doit pas, toutefois, nous faire abandonner la revue que nous avons commencée. Après la mort du galant Béarnais, les relations de Marie de Médicis avec Rubens et Philippe de Champagne, ses négociations avec son oncle le grand-duc Ferdinand pour obtenir que Jean Bologne exécutât la statue de Henri IV et ce fameux Cheval de Broji{e, qui fit si longtemps l'admiration des Parisiens2, la part directe qu'elle prit à l'édification du Palais du Luxembourg et à sa décoration, prouvent que cette reine possédait, comme dit Saint-Simon, «l'amour et la pratique des arts » . Il était dans les destinées de son fils aîné, quoiqu'il aimât le dessin et dessinât passablement3, d'être en toutes choses un homme effacé, un personnage de second plan, mais sa femme Anne d'Autriche témoigna de son goût pour la peinture en attachant à sa personne le peintre Otto Marcellis4, et son frère, ce Gaston d'Orléans qui donna tant de tablature à son aîné, était un amateur des plus distingués. Il passait sa vie à Blois à faire peindre en miniature, par Jules Donabella d'abord, ensuite par l'incomparable Nicolas Robert5, les plus belles fleurs de son admirable jardin botanique. Grand collectionneur de médailles, il légua à son neveu Louis XIV sa collection, la plus
1. Voir Diario Jegli anni i y 20-21, scritto di propria mano, in Pariji, da l^osalba Carriera, etc., Venezia, 1793, Pages 02 et 63 en note.
2. Voir La Vie et l'Œuvre de Jean Bologne, par Abel Desjardins, pages 122 et 181.